Les résultats de l’économie chinoise, dont la croissance devrait être au moins égale à 8,5 % cette année, sont « tellement impressionnants que l’idée circule dans certains milieux qu’il va être impossible de rivaliser avec la capacité d’exportation de la Chine et la taille de son marché », a déclaré M. Supachai.
« Personnellement, je pense que ces peurs sont largement exagérées », a-t-il poursuivi lors d’un forum intitulé « La Chine et l’OMC », qui se tient pendant deux jours dans la capitale chinoise.
M. Supachai souhaite que le gouvernement chinois, resté discret à l’OMC et aligné dans ses positions sur ceux de la plupart des pays en développement depuis l’entrée du pays dans l’organisation il y a bientôt deux ans, œuvre à la relance du cycle de Doha, bloqué à septembre à Cancun (Mexique) notamment à cause du refus des pays développés de renoncer à leurs subventions agricoles.
« Plus que jamais nous avons besoin de la Chine pour remettre le cycle sur les rails et aller de l’avant », a déclaré le patron de l’OMC.
« En tant que puissance commerciale de premier plan, la Chine peut aider à assurer que les résultats des négociations soient équilibrés et bénéfiques à tous », a ajouté M. Supachai, jugeant qu’« après tout, il est dans l’intérêt de ce pays que le cycle soit couronné de succès ».
La vice-Première ministre chinois Wu Yi, une ancienne ministre du Commerce extérieur, a indiqué pour sa part que Pékin voulait satisfaire les intérêts commerciaux des membres de l’OMC tout en poursuivant l’objectif d’une élévation du niveau de vie de la majorité de la population.
« La Chine espère que le programme de développement de Doha va aboutir à un résultat équilibré qui profitera à la croissance économique des membres de l’OMC et à l’édification d’une société prospère » à l’intérieur du pays, a déclaré Mme Wu, citée par l’agence Chine nouvelle.
Deux ans après son entrée dans l’OMC, la Chine est devenue la quatrième puissance commerciale, derrière les États-Unis, l’Union européenne et le Japon.
Depuis le milieu des années 80, le pays a enregistré une croissance annuelle moyenne de plus de 8 % et une progression de son commerce de 14 %.
L’an passé, le commerce extérieur chinois s’est élevé à 693 milliards de dollars et, depuis le début de la politique d’ouverture et de réformes à la fin des années 1970, le pays a absorbé 450 milliards de dollars d’investissements étrangers.
« Le cycle de Doha, en levant les obstacles au commerce, va garantir la pérennité des réformes », a déclaré M. Supachai, en expliquant qu’« en tant que puissance commerciale, la Chine a besoin de l’accès au marché et des règles commerciales cohérentes et non discriminatoires que fournit l’OMC ».
« La Chine ne peut pas se permettre de rester spectatrice et de laisser d’autres écrire les règles du commerce au XXIe siècle », a-t-il ajouté.

