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Affaire Kazemi : les réformateurs accusent la justice de graves irrégularités

La justice conservatrice iranienne a été accusée hier au Parlement à majorité réformatrice de graves irrégularités dans l’affaire Zahra Kazemi, journaliste irano-canadienne morte en détention en juillet.
Le rapport d’une commission parlementaire, lu par la députée réformatrice Jamileh Kadivar au cours d’une session retransmise par les médias d’État, dénonce comme illégaux l’arrestation et le maintien en détention de la journaliste et assure que des informations capitales sur les circonstances de sa mort ont été escamotées. La commission dite de l’article 90, qui instruit les plaintes contre les organes institutionnels, s’en prend vigoureusement au procureur de Téhéran, Saïd Mortazavi, qui a, selon elle, tenté de dissimuler la vérité, notamment en faisant pression sur les témoins initiaux. Mme Kadivar, personnalité en vue chez les réformateurs, a demandé une enquête sur l’instruction de cette affaire par la justice, et même des poursuites contre le magistrat qui avait ordonné l’arrestation. Elle s’est prévalue d’une lettre adressée par le guide, l’ayatollah Ali Khamenei, dont se réclament constamment les conservateurs, demandant à l’autorité judiciaire « la vérité et non pas des arrangements ».
Née en Iran mais vivant au Canada et venue en reportage dans son pays d’origine, Zahra Kazemi a été arrêtée le 23 juin devant la principale prison de Téhéran alors qu’elle prenait des photos de familles de détenus. Elle est morte le 10 juillet à l’hôpital d’une hémorragie cérébrale consécutive à une fracture du crâne causée par des coups reçus au cours de sa détention, du 23 au 27 juin.
La justice a ouvert le 7 octobre le procès d’un agent des Renseignements, Mohammed Reza Aghdam Ahmadi, confondu selon elle par ses contradictions et des témoignages d’après lesquels Zahra Kazemi « était en bonne santé quand elle a été remise aux Renseignements » le 25 juin. Mme Kazemi est passée au cours de sa détention entre les mains des agents du parquet, de la police, puis de nouveau du procureur et enfin des Renseignements, avant d’être hospitalisée aux premières heures du 27. Pour les Renseignements, l’enquête a été délibérément biaisée.
La commission de l’article 90 a conforté les Renseignements. « Mme Kazemi a été arrêtée sans motif suffisant pour la considérer comme une espionne, a déclaré Mme Kadivar, la preuve en est que le ministère des Renseignements a demandé qu’elle soit relâchée. » « La détention (de Mme Kazemi) était illégale et, au regard de la loi pénale islamique, cela doit être puni, a-t-elle ajouté. Le juge qui a ordonné son arrestation doit être poursuivi. »
Hier, une autre figure réformatrice du Parlement, Mohsen Armin, a indiqué à l’agence estudiantine Isna avoir été condamnée, malgré son immunité, à six mois de prison pour avoir insulté un collègue conservateur. Il avait été le premier à s’en prendre ouvertement au procureur de Téhéran dans l’affaire Kazemi.
La justice conservatrice iranienne a été accusée hier au Parlement à majorité réformatrice de graves irrégularités dans l’affaire Zahra Kazemi, journaliste irano-canadienne morte en détention en juillet.Le rapport d’une commission parlementaire, lu par la députée réformatrice Jamileh Kadivar au cours d’une session retransmise par les médias d’État, dénonce comme illégaux l’arrestation et le maintien en détention de la journaliste et assure que des informations capitales sur les circonstances de sa mort ont été escamotées. La commission dite de l’article 90, qui instruit les plaintes contre les organes institutionnels, s’en prend vigoureusement au procureur de Téhéran, Saïd Mortazavi, qui a, selon elle, tenté de dissimuler la vérité, notamment en faisant pression sur les témoins initiaux. Mme...