Le dollar a fait preuve de fermeté face à l’euro avant et après la réunion de la Fed qui s’est soldée par un statu quo monétaire avec un taux d’intérêt principal inchangé à 1 % (voir par ailleurs). Bien que le communiqué de la Fed qui a accompagné cette décision ait laissé entendre qu’elle n’allait pas procéder à un prochain resserrement imminent du crédit, les opérateurs semblent d’ores et déjà tabler sur une reprise conjoncturelle aux États-Unis, privilégiant les placements en actifs US. À cet égard, ils ont fait état de l’annonce par le Conference Board de la sensible progression de l’indice de confiance des consommateurs US de 77 points en septembre à 81,1 points en octobre, pavant la voie à une certaine surchauffe économique dans la mesure où la consommation représente les 2/3 du PIB aux États-Unis. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre du département US du Commerce que les commandes de biens durables ont progressé de 0,8 % en septembre par rapport à août, mois au cours duquel elles avaient reculé de 0,1 %. De plus, ils ont été rassurés par les propos tenus hier par le président George W. Bush, affirmant que l’économie US montrait de signes de redressement et recommençait à créer des emplois. Et d’ajouter que la vigueur des ventes de détail, le boom de la construction et la reprise de la production industrielle viennent s’ajouter à ces signes positifs. Dans ce contexte, les opérateurs ont ignoré la hausse de l’indice IFO en Allemagne de 92 points en septembre à 94,2 points en octobre, estimant devoir se débarrasser de l’euro au profit du dollar qui s’est finalement négocié à New York à 1,1670 pour un euro contre 1,1745 la veille, à 1,6985 pour un sterling contre 1,6945, à 1,3315 FS contre 1,3180 et à 108,30 yens contre 108,55. En Bourse, les marchés US ont continué sur leur lancée de la veille, profitant du regain d’optimisme suscité par les statistiques économiques encourageantes. De plus, l’annonce hier de la fusion des activités aux États-Unis de BAT et de RJ Reynolds, au lendemain du rachat de Fleet Boston par Bank of America, a redonné confiance aux investisseurs dans la solidité de l’économie US. De leur côté, les Bourses européennes se sont enthousiasmées aussi pour les bonnes nouvelles macroéconomiques des deux côtés de l’Atlantique ainsi qu’aux fusions et acquisitions aux États-Unis et se sont installées en terrain positif.
À Beyrouth, la poursuite des achats du découvert en dollar a été la principale caractéristique du marché des changes encore hier. Mais l’absence de contreparties valables à l’offre en cette monnaie l’a maintenu toujours au-dessus du haut de la fourchette d’intervention de la BDL, soit entre 1 515 et 1 516 LL.
À la Bourse de Beyrouth, la séance d’hier s’est limitée à la hausse de 17 604 actions A de Solidere de 4,25 à 4,31 $ et à la stabilité de 1 231 actions C de la Byblos Bank à 1,69 $, dans un marché autrement creux sur le restant de la cote.
Élie KAHWAGI
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