Le Front national pour le salut (FNS) s’est réuni hier en présence de Hussein Husseini, Sélim Hoss, Omar Karamé et Boutros Harb (Nayla Moawad et Albert Mansour étant hors du Liban) et a un publié un communiqué mettant l’accent sur trois points essentiels.
Les derniers développements régionaux, d’abord. Le FNS s’inquiète des conséquences de la politique américaine dans la région, notamment pour ce qui touche le dossier palestinien, l’Irak, la Syrie et le Liban. Des conséquences qui aggravent la situation et la rendent encore plus explosive, à cause du caractère particulièrement contradictoire et lunatique de cette politique US. « Les États-Unis condamnent l’édification par Israël du mur de la honte et, en même temps, menacent de leur veto toute résolution qui sanctionnerait l’État hébreu ; ils louent la Syrie pour sa collaboration avec eux contre le terrorisme et, en même temps, ils encouragent le vote au Congrès du Syria Accountability Act, qui accuse Damas de soutenir des organisations que Washington qualifie de terroristes », déplore le communiqué du FNS.
« Cette politique est une tentative désespérée d’exercer des pressions sur les populations arabes qui refusent de se soumettre aux visées israéliennes, d’abdiquer », ajoute-t-il, en appelant les responsables arabes à se solidariser face à ces pressions, et les Libanais à s’attacher à leur unité nationale, sans se laisser emporter par des expériences et des aventures dont l’impact serait totalement négatif sur le pays.
C’est le deuxième point évoqué par le FNS qui retiendra surtout l’attention. Les membres du Front déplorent vivement « la décrépitude qui n’en finit pas » de l’Exécutif, ainsi que les polémiques entre ses différents pôles, et ses deux têtes. Des polémiques et des conflits dont les répercussions sont désastreuses, assurent-ils, pour le pays, ses habitants et leurs intérêts. Sans compter l’absence totale du gouvernement et l’incommensurable difficulté de réunir le quorum minimal, et sans oublier que les séances du Conseil des ministres « sont devenues une arène au centre de laquelle s’étalent les conflits personnels et les tiraillements dont se passerait volontiers l’intérêt supérieur de la nation ». L’Exécutif s’est ainsi transformé, selon le communiqué du FNS, en un pouvoir « disloqué, paralysé, incapable d’assumer ses responsabilités et de gérer le pays ». « Voilà pourquoi il faudrait déployer tous les efforts pour faire en sorte que changent le cours et le comportement de ce pouvoir, à qui l’on doit faire assumer la responsabilité de la ruine totale du pays », assène le communiqué.

