Armés de fusils-mitrailleurs AK-47, de lance-roquettes antichars RPG et de couteaux, ils ont défilé dans les rues de la banlieue populeuse et pauvre.
Cette démonstration de force intervient après l’attentat-suicide contre un poste de police qui a fait neuf morts, dont le kamikaze.
Des frictions ont eu lieu entre miliciens et soldats américains qui ont fouillé à Sadr City le bureau du jeune chef religieux radical Moqtada al-Sadr qui condamne l’occupation de la coalition en Irak.
Un membre de « l’Armée du Mehdi », de Moqtada al-Sadr, portant un bandage ensanglanté sur le front, a affirmé avoir été blessé ainsi que d’autres dans les heurts.
Furieux, les miliciens ont barré les routes autour de leur local et ont brièvement détenu plusieurs journalistes occidentaux alors que des habitants très énervés ont molesté des photographes de presse.
Cheikh Qaws al-Kazali, qui dirige dans ce quartier les partisans de Moqtada al-Sadr, a rejeté la responsabilité de l’attentat sur les fidèles de l’ancien président irakien Saddam Hussein. « Je crois fermement que l’attaque vise à créer des tensions entre la police et les chiites », a-t-il affirmé.
Les chiites avaient aussi accusé les partisans de l’ancien régime d’être les commanditaires de l’attentat du 29 août à Najaf (centre), qui avait coûté la vie à 83 personnes dont le dignitaire chiite Mohammed Baqer al-Hakim.
Bien qu’ils se réjouissent de la chute du régime baassiste qui les réprimait, les partisans de Moqtada al-Sadr le suivent dans ses condamnations de l’occupant américain, qui veut contrôler les ports d’armes. « Il n’est pas logique que les soldats américains soient là », a affirmé cheikh Kazali, ajoutant toutefois que les membres de l’« Armée du Mehdi » ne lanceraient pas d’attaques contre les troupes de la coalition. « Ce n’est pas le moment (pour mener) des attaques armées contre les Américains, c’est celui des attaques politiques », a-t-il dit.

