Pour autant, le tirage au sort ne les a pas ménagées en les plaçant toutes deux dans le groupe de l’Australie, le champion sortant. En effet, sauf à voir les Wallabies passer à côté de leur Mondial, Argentins et Irlandais devront se départager dans la conquête de la deuxième place qualificative.
Dans cette perspective, le choc entre les deux formations, le 26 octobre à Adélaïde, s’annonce passionnant. D’autant que lors de la dernière édition, l’Argentine a privé l’Irlande de quarts de finale en la battant en barrages (28-24).
Pour l’équipe qui restera en course, se profilera vraisemblablement un très alléchant rendez-vous contre la France et un réel espoir d’accéder enfin dans le dernier carré, car l’Argentine comme l’Irlande ont battu les Tricolores cette année.
Dans le sillage des performances européennes de ses équipes de provinces, la sélection irlandaise a considérablement relevé la tête depuis trois saisons.
Elle vient de terminer à la 2e place du Tournoi des six nations 2003 après avoir disputé la victoire finale et le grand chelem à l’Angleterre.
Dirigée par Eddie O’Sullivan, dont le nom fleure bon la verte Irlande mais qui est néo-zélandais, le XV du trèfle associe désormais la rigueur tactique à son traditionnel « fighting spirit ».
« Bajadita »
Efficace en conquête, la formation irlandaise peut se permettre d’être joueuse (2e attaque du Tournoi des six nations) grâce à une ligne de trois-quarts percutante et rapide où brille notamment Brian O’Driscoll, sans doute le meilleur centre du monde.
La charnière manifeste une bonne vision du jeu. Elle est en outre interchangeable puisque à côté de Peter Stringer, l’inamovible demi de mêlée, O’Sullivan a le choix à l’ouverture entre David Humphreys et Ronan O’Gara, deux cadres expérimentés (792 points et 89 sélections à deux).
Forte de sa légion étrangère qui a fui un pays en banqueroute, l’Argentine dispose d’un groupe chevronné et rendu ambitieux par quelques bons résultats récents.
Ainsi en juin, l’Argentine a, pour la première fois de son histoire, remporté une série de deux tests-matches contre la France (10-6 et 33-32) avant de s’incliner d’un point (26-25) en Afrique du Sud.
Très réputées, ses qualités dans la conquête s’expriment notamment à travers la fameuse « Bajadita », une technique de poussée qui permet de prendre le dessus en mêlée fermée.
Les Pumas puisent dans leur vaillance ancestrale la force de dresser des barricades en défense. En attaque, ils peuvent marier l’inspiration et l’explosivité à l’image de leur arrière Ignacio Corleto, révélé cette saison sous le maillot du Stade Français.

