L’agence officielle syrienne, Sana, a indiqué que des instructions avaient été données à la délégation syrienne pour qu’elle fasse enregistrer un vote syrien favorable à la résolution 1 483 auprès du Conseil de sécurité.
Ce texte, qui met fin à 13 ans de sanctions internationales contre Bagdad, prévoit une levée de toutes les sanctions internationales, à l’exception de celles sur les armes.
Elle crée un « Fonds pour le développement de l’Irak », sous l’égide de la Banque centrale irakienne, chargé de gérer les revenus tirés des exportations pétrolières jusqu’à l’entrée en fonctions d’un nouveau gouvernement.
Ces fonds seront « débloqués à l’initiative » des puissances occupantes qui auront un large contrôle de l’économie et de l’avenir politique du pays.
Le numéro deux de la délégation syrienne, Fayssal Mekdad, avait indiqué jeudi que la délégation syrienne n’avait pas pris part au vote parce que au moment de la réunion du Conseil, le gouvernement syrien était réuni à Damas afin de déterminer sa position. La Syrie « désirait de longue date la levée des sanctions » et a « participé activement aux négociations » autour de la résolution américano-britannique, avait-il ajouté.
L’ambassadeur américain à l’Onu, John Negroponte, a alors fait observer que la Syrie pouvait encore s’associer au vote, en envoyant une lettre en ce sens au président du Conseil de sécurité.
L’enregistrement d’un vote syrien favorable, même tardif, fait que la résolution 1 483 a été adoptée à l’unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité. Ce vote a été salué dans de nombreux pays comme le signe de l’unité retrouvée, après des mois de divisions au sein de la communauté internationale.
Mais la Syrie a tenu à souligner ses réserves à l’égard de cette résolution dont elle estime qu’elle « ne suffit pas à rendre les Irakiens maîtres de leur destinée ni de leurs ressources naturelles ».
La veille du vote, la presse syrienne avait violemment critiqué le projet de résolution américano-britannique. « L’objectif politique du projet américain soutenu par la Grande-Bretagne et l’Espagne est de contrôler les richesses de l’Irak (...) ce qui fut aussi l’objectif de l’occupation de l’Irak », a affirmé le quotidien as-Saoura.
Mais, selon un diplomate européen à Damas, qui a requis l’anonymat, « la Syrie a réalisé que son attitude de jeudi au Conseil de sécurité l’isolait de l’ensemble de la communauté internationale, et la mettait en porte-à-faux avec la France, la Russie et l’Allemagne qui ont souscrit à la levée des sanctions malgré leur opposition à l’intervention militaire en Irak ».
« Dans les circonstances présentes et alors qu’elle reste dans le collimateur américain, Damas a compris qu’elle ne plus adopter des positions jusqu’au-boutistes, et a décidé de rentrer dans le rang », a ajouté ce diplomate.
La conseillère américaine pour la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, a déclaré le 14 mai que les relations entre les États-Unis et la Syrie « sont franchement très difficiles et ne devraient guère s’améliorer sans des changements majeurs » de la part de Damas, comme « la fin de l’occupation du Liban ».
Dénonçant « un soutien syrien au terrorisme, notamment au Hezbollah et à d’autres organisations », Mme Rice a de nouveau accusé Damas notamment de donner asile à des responsables irakiens du régime de Saddam Hussein et a aussi demandé à la Syrie d’ « arrêter ses programme d’armes non conventionnelles », et ce de façon vérifiable.

