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Il y a vingt ans, Noah triomphait

Il y a vingt ans, le dimanche 5 juin 1983 à 17h34, Yannick Noah triomphait aux Internationaux de France de tennis, sur le central de Roland-Garros chaviré d’émotion, qui ouvrira de nouveau ses portes au deuxième tournoi du grand chelem de l’année à partir de lundi.
Aucun Français n’avait gagné là depuis la miraculeuse victoire de Marcel Bernard en 1946. Trente-sept ans de patience, de passion rentrée et d’espoirs frustrés, c’est long ! Vainqueur au cours des semaines précédentes des tournois sur terre battue de Madrid et de Hambourg, finaliste à Lisbonne, Noah y mit fin magnifiquement.
Il fut aidé dans sa progression sur le chemin parisien de la gloire par son copain Christophe Roger-Vasselin, qui élimina en quarts de finale l’Américain Jimmy Connors. Outre qu’elle le débarrassait d’un adversaire qu’il n’avait lui-même jamais battu, cette victoire d’un obscur joueur local, 130e mondial, sur la tête de série n° 1 détourna l’attention des médias.
Vainqueur pour sa part du Tchécoslovaque Ivan Lendl en quarts, Noah renvoya gentiment Roger-Vasselin à l’anonymat sur un « vélo » au tour suivant : 6-0, 6-0, dans les deuxième et troisième sets.

Wilander dernier obstacle
Le dernier obstacle est représenté par le Suédois Mats Wilander (n° 5), impassible jeune homme de 18 ans, tenant du titre, qui a écrasé l’Américain John McEnroe, 1-6, 6-2, 6-4, 6-0, en quarts.
Difficile de trouver deux finalistes plus contrastés. Mais, tous deux hypersensibles, ils captent parfaitement le courant à haute tension qui circule dans le stade. Et même dans tout le pays. Pour être à l’unisson de l’événement, la télévision a bouleversé son programme.
Noah (n° 6), attaquant étincelant de 23 ans, sait que l’autre va l’étouffer à petit feu s’il reste au fond. Il lui faut prendre le filet comme on a pris la Bastille. Il y parvient admirablement à grands coups de volées sèches ou acrobatiques et de smashes athlétiques, dans les deux premiers sets avant de fléchir à la fin du troisième.
La victoire s’éloignera à mesure que l’affrontement se prolongera. Il faut absolument conclure. Ce que Noah fait sans trembler dans le jeu décisif pour l’emporter 6-2, 7-5, 7-6 (7/2). Aussitôt, il tombe à genoux et fond en pleurs dans les bras de son père Zacharie, dégringolé tant bien que mal des tribunes sans emprunter les escaliers.

Une sensation violente
Les 16 000 spectateurs n’en finissent pas d’applaudir quand Marcel Bernard lui remet la Coupe des Mousquetaires. « C’est l’un des moments les plus forts de ma vie. Une sensation violente, comparable à celle que j’ai ressentie en voyant naître mes deux enfants », dira Noah des années plus tard.
Pour le président de la Fédération française de tennis, Philippe Chatrier, c’est un rêve cher qui se réalise. Il vivra le deuxième avec la victoire de la France en Coupe Davis en 1991. Yannick Noah, qui a gagné 22 autres titres dans sa carrière, n’y sera pas étranger non plus.
Il y a vingt ans, le dimanche 5 juin 1983 à 17h34, Yannick Noah triomphait aux Internationaux de France de tennis, sur le central de Roland-Garros chaviré d’émotion, qui ouvrira de nouveau ses portes au deuxième tournoi du grand chelem de l’année à partir de lundi.Aucun Français n’avait gagné là depuis la miraculeuse victoire de Marcel Bernard en 1946. Trente-sept ans de patience, de passion rentrée et d’espoirs frustrés, c’est long ! Vainqueur au cours des semaines précédentes des tournois sur terre battue de Madrid et de Hambourg, finaliste à Lisbonne, Noah y mit fin magnifiquement.Il fut aidé dans sa progression sur le chemin parisien de la gloire par son copain Christophe Roger-Vasselin, qui élimina en quarts de finale l’Américain Jimmy Connors. Outre qu’elle le débarrassait d’un adversaire qu’il...