Ils sont américains (Variety et Hollywood Reporter), anglais (Moving Pictures International et Screen) ou français (Le Film français ou Zurban) et emplissent chaque matin les halls des hôtels, du palais et autres lieux stratégiques fréquentés par les festivaliers.
Publiés en grand format sur papier glacé (sauf le petit Zurban), ils s’adressent à un public de professionnels et grouillent d’informations pratiques, économiques ou people sur le Festival, certains réalisant également des critiques des films, des sélections et du marché.
Des quotidiens nationaux comme Le Monde et Libération produisent des cahiers ou pagination spéciale sur Cannes (3 à 5 pages pour Le Monde, pour la première fois entièrement réalisées à Cannes, et 6 pour Libération, avec un cahier de 12 pages le mercredi). Ils disposent pour cela d’une rédaction détachée (9 journalistes et 1 photographe pour Le Monde, 12 personnes dont 4 critiques pour Libération).
Le régional de l’étape, Nice-Matin, publie un cahier de 8 pages et deux éditions quotidiennes d’une revue de la presse internationale, vendues à une trentaine de clients.
Une aubaine pour quelques imprimeurs de la région dont Riccobono au Muy (Var), qui rafle la mise en sortant chaque matin Variety, Moving Pictures International et Le Film français, ces quotidiens tirant en moyenne à 7 500 exemplaires.
Distribués gratuitement à Cannes, chaque magazine compte sur la publicité pour équilibrer son budget. « Nous n’avons aucune visibilité avant Cannes et l’on prend toujours un risque économique », reconnaît Sophie Dacbert, rédactrice en chef du Film français. Mais faire l’impasse sur le plus grand festival du cinéma au monde est impensable, notoriété oblige, reconnaissent les responsables de ces journaux.
Business et étoiles
Bible des professionnels américains depuis 1905, Variety, qui publie deux quotidiens aux USA et un hebdo dans 84 pays, détache à Cannes une équipe de 55 personnes, dont 27 journalistes.
« Notre grande force, c’est nos critiques de films qui couvrent 70% de la pagination (110 en 8 jours l’an passé). Elles peuvent influer sur la cote d’un film pour des acheteurs qui attendent souvent sa publication avant d’en négocier des droits », explique Sandrine Bentata, directrice commerciale adjointe pour l’Europe.
Son de cloche inverse chez l’anglais Moving Pictures International, journal consacré à l’industrie du film... au marché donc plus proche des annonceurs, qui mobilise 34 personnes dont 10 journalistes à Cannes. « Nous respectons trop le travail des réalisateurs pour dire si un film est bon ou pas », explique sa directrice adjointe Helena Mackenzie.
Seul magazine à rendre compte en image de la montée des marche dès le lendemain, Le Film français mise sur la réactivité d’une équipe jeune (20 personnes dont 6 journalistes et 2 photographes) pour faire la différence.
Outre des pages « business », le journal de référence en français propose chaque jour les comptes-rendus de déjeuners qu’il organise avec des comédiens, réalisateurs ou producteurs. Il publie enfin un tableau des « étoiles » décernées par 15 critiques.

