Le dollar a renoué avec la baisse sur les marchés des changes internationaux, affecté par les propos du président de la BCE, Wim Duisenberg, qui ont joué un rôle dans le regain de vigueur de l’euro et entraîné un rééquilibrage des positions de change sur d’autres monnaies. Dans une déclaration au quotidien économique espagnol Expansion, M. Duisenberg a estimé qu’un ajustement du dollar est inévitable face à l’énorme déficit de la balance des paiements aux États-Unis (5 % de leur PIB), excluant une intervention de la BCE pour freiner l’appréciation de l’euro face au dollar. Ces commentaires, en l’absence de fondamentaux économiques des deux côtés de l’Atlantique, ont constitué le seul élément positif à l’euro, incitant les opérateurs, qui avaient acheté le billet vert à la suite des bons chiffres US sur l’emploi vendredi dernier, à le vendre. Cela d’autant que le marché cherche d’ores et déjà à anticiper le rapport du Trésor US, attendu demain, sur les interventions de certains pays pour défendre leur monnaie. Ce rapport, qui pourrait figurer à l’ordre du jour du Forum de coopération économique Asie-Pacifique les 20 et 21 octobre en Thaïlande, où le Japon et la Chine devraient répondre à la demande du G7 pour davantage de flexibilité des monnaies, a également constitué un facteur de pression sur le dollar. Mais après la déclaration du ministre allemand des Finances, selon qui la zone euro ne devait pas être la seule région du monde à faire les frais de la dépréciation du dollar, les attaques à la baisse contre l’euro ont ralenti. Il s’est, en effet, négocié à New York sur un ton hésitant à 1,1720 pour un euro contre 1,1575 vendredi dernier, à 1,6705 pour un sterling contre 1,6620, à 1,3185 FS contre 1,3360 mais à 110,95 yens contre 110,90.
En Bourse, les marchés US ont continué sur leur lancée de la semaine dernière mais dans des échanges très faibles. L’anticipation de bons résultats trimestriels de sociétés dès cette semaine a soutenu la tendance ainsi que la décision de Motorola de libérer sa division semi-conducteurs. En revanche, les Bourses européennes ont été plombées par des prises de bénéfices, les investisseurs s’inquiétant de la hausse de l’euro face au dollar qui pénalise les sociétés exportatrices.
À Beyrouth, le dollar a continué à être activement recherché par certaines banques à des cours supérieurs au haut de la fourchette d’intervention de la BDL à des fins de souscription dans les certificats de dépôt émis par elle à 3 ans. Mais avec le maintien de cette fourchette entre 1 501 et 1 514 LL, il devait être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL tout en se négociant à 1 515,50 LL.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la hausse de 18 060 actions A de Solidere de 4,16 à 4,18 $ et de 793 actions préférentielles de la Byblos Bank de 101 à 101,30 $, alors que 15 587 actions C de la même banque se sont maintenues à 1,67 $ ainsi que 2 000 actions C de la Bank of Beirut à 7,82 $ et 4 000 actions de Holcim à 0,52 $.
Élie KAHWAGI

