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Des vaccinations adaptées aux circonstances(photo)

Les vaccinations constituent le traitement de choix pour prévenir certaines maladies qui pourraient être contractées lors d’un voyage. Le vaccin qu’il faudrait recommander à un voyageur dépend cependant de plusieurs critères, qui peuvent être d’ordre administratif exigeant la vaccination contre certaines maladies, ou reliés aux risques auxquels sera exposé le voyageur.
« Dans le cadre des critères d’ordre administratif, deux vaccins sont exigés, explique le Dr Catherine Goujon. Le premier, qui protège contre la fièvre jaune, est demandé, dans le cadre du règlement sanitaire international, pour les voyageurs en provenance d’une zone infectée. Le deuxième vaccin est celui contre le méningocoque, qui pourrait causer des méningites. Il est exigé par les autorités saoudiennes pour les pèlerins qui vont à La Mecque. » Cette maladie peut pourtant survenir dans différentes régions du monde, en particulier la ceinture méningitique de l’Afrique, soit les pays du Sahel, où de grosses épidémies surviennent régulièrement à la saison sèche. « La vaccination peut être conseillée pour des séjours prolongés en contact étroit avec la population locale », insiste le Dr Goujon.
Parmi les risques liés aux destinations, le voyageur se rendant dans des régions tropicales de l’Afrique et de l’Amérique du Sud peut être exposé à la fièvre jaune. « C’est une maladie due à un virus transmis par un moustique ou un réservoir animal représenté principalement par les singes vivant dans les zones forestières, comme elle peut être transmise d’un homme à un autre par d’autres moustiques, soutient le Dr Goujon. L’OMS estime qu’il y a environ 200 000 cas de fièvre jaune par an. C’est une maladie grave qui peut atteindre le foie et les reins, entraînant parfois la mort. Nous disposons heureusement d’un vaccin très efficace, qui est administré au minimum dix jours avant le départ, sachant que ce vaccin ne peut être délivré que par des centres agréés par les autorités sanitaires. »
Un problème se pose toutefois à ce niveau. « Tous les pays situés dans une zone endémique n’exigent pas la vaccination de voyageurs qui viennent d’une zone non infectée, déplore le Dr Goujon. En fait, il ne s’agit pas de protéger uniquement un individu, mais d’éviter l’importation d’une maladie sur un territoire où elle n’existe pas. D’où l’importance de se faire vacciner même si certains pays ne l’exigent pas. »

Encéphalites, hépatite,
typhoïde et rage
L’encéphalite japonaise constitue un autre risque pour les voyageurs. Présente dans les zones rurales d’Asie du Sud et de l’Est, elle se transmet également par les piqûres de moustiques et un réservoir animal représenté principalement par les porcs. « C’est une maladie grave qui se manifeste par des troubles neurologiques, laissant des séquelles très lourdes, soutient le Dr Goujon. Le risque de contracter cette maladie est faible pour un voyageur, mais la vaccination est recommandée lors d’un long séjour à la saison de transmission, soit la saison des pluies. »
Et de poursuivre : « Le voyageur est exposé à une autre maladie moins exotique, puisqu’elle existe en Europe centrale et orientale et dans l’Est de la France. C’est l’encéphalite à tiques, transmise par des morsures de tiques, sachant que la contamination peut également se faire par la consommation de lait cru. Cette maladie était essentiellement professionnelle, contractée par les bûcherons et les forestiers. Depuis quelques années, le risque est également lié aux activités de loisirs. La vaccination est conseillée aux personnes qui désirent camper, faire de la randonnée pédestre ou des cueillettes de champignons dans ces régions. »
Certaines maladies sont répandues dans les pays en voie de développement, essentiellement l’hépatite A et la typhoïde. « L’hépatite A est souvent considérée comme une maladie bénigne, note le Dr Goujon. En fait, on peut observer des formes fulminantes avec un taux élevé de mortalité, principalement chez les adultes, mais aussi chez les jeunes enfants, qui présentent en général une forme atténuée ou asymptomatique de la maladie, mais qui sont néanmoins porteurs du virus, pouvant contaminer leur entourage. La vaccination est donc indiquée pour les enfants à partir de leur première année. »
En ce qui concerne la typhoïde, les zones à haut risque demeurent particulièrement le sous-continent indien, l’Afrique du Nord et l’Amérique du Sud, en particulier le Pérou. « Le risque pour le voyageur est davantage lié aux conditions d’hygiène dans lesquelles il va vivre, remarque le Dr Goujon. La vaccination est donc recommandée pour des séjours prolongés dans des conditions d’hygiène précaires. »
Le panorama des maladies de voyages loin d’être terminé, le Dr Goujon s’attarde sur la rage, répandue dans le monde entier. « Dans les pays en voie de développement, le chien en est le principal vecteur, bien que tout mammifère soit potentiellement vecteur de la rage, y compris les chauves-souris, souligne le Dr Goujon. La rage est attrapée par morsure mais également par griffure ou par léchage sur une plaie, puisque le virus est contenu dans la salive de l’animal. Dans les pays industrialisés, nous disposons de vaccins efficaces et bien tolérés qui peuvent être utilisés soit en traitement préventif soit pour soigner un individu mordu par un animal portant le virus. Ces vaccins sont malheureusement difficiles à trouver dans des pays en voie de développement, où de vaccins locaux de mauvaise qualité réactogène et moins efficaces sont disponibles. » La vaccination est donc proposée à des voyageurs qui vont séjourner pour une longue durée en situation isolée dans les pays à risque. Elle ne dispense pas toutefois d’un traitement, s’il y a un contact avec un animal enragé ou suspecté de l’être.

La poliomyélite, un risque
concernant les adultes
En ce qui concerne le vaccin contre l’hépatite B, il est conseillé à des voyageurs qui vont séjourner pour une longue durée dans des pays à forte ou moyenne endémicité et dont l’activité ou le comportement les exposent à des risques de contamination, d’autant que le virus est transmis par voies sanguine (utilisation de drogues par voie intraveineuse, tatouages) et sexuelle.
Toutefois, quelle que soit la destination, « il ne faut pas oublier la vaccination de base contre la diphtérie (maladie infectieuse inflammatoire et obsturante des voies aériennes supérieures) encore présente dans beaucoup de pays en voie de développement, le tétanos et la poliomyélite », insiste le Dr Goujon. « Le tétanos existe également dans les pays industrialisés, poursuit-elle. Mais les rappels de vaccination recommandés chez l’adulte sont souvent négligés et un voyage est une bonne occasion pour se mettre à jour. Et si la poliomyélite a disparu des pays industrialisés, elle existe encore, bien qu’en régression, dans certains pays en voie de développement. Elle constitue donc un véritable danger pour un voyageur en provenance d’un pays où elle n’existe pas. Or, contrairement à ce que l’on pense, la poliomyélite n’est pas une maladie exclusive de l’enfant. Un adulte peut contracter le virus s’il n’a pas d’immunité. D’où l’importance du vaccin. »
Bien que largement répandu dans le tiers-monde, le choléra représente un risque très faible pour un voyageur se déplaçant dans de bonnes conditions générales. Deux vaccins sont toutefois possibles, l’un inactivé et l’autre à virus atténué. Ce dernier a une protection croisée avec l’escherichia.coli, l’une des principales bactéries responsables de la diarrhée du voyageur. Le vaccin protégera donc contre cette diarrhée.
Le Dr Goujon rappelle, par ailleurs, que le vaccin contre la grippe n’est pas spécifique des voyageurs. Cependant, les personnes à risque (personnes âgées et celles représentant des maladies chroniques, pulmonaires, cardiaques et immunitaires, ainsi que certaines affections métaboliques et rénales) doivent se faire vacciner si elles voyagent en période d’épidémie, d’autant que les voyageurs internationaux représentent eux-mêmes des agents de dissémination. Le virus de l’influenza peut être attrapé du fait de la promiscuité dans les salles d’attente des aéroports, dans les avions ou sur les bateaux de croisière. Et de conclure, qu’il n’existe pas de programmes de vaccinations standards, chaque programme devant être adapté au voyageur.
Les vaccinations constituent le traitement de choix pour prévenir certaines maladies qui pourraient être contractées lors d’un voyage. Le vaccin qu’il faudrait recommander à un voyageur dépend cependant de plusieurs critères, qui peuvent être d’ordre administratif exigeant la vaccination contre certaines maladies, ou reliés aux risques auxquels sera exposé le voyageur.« Dans le cadre des critères d’ordre administratif, deux vaccins sont exigés, explique le Dr Catherine Goujon. Le premier, qui protège contre la fièvre jaune, est demandé, dans le cadre du règlement sanitaire international, pour les voyageurs en provenance d’une zone infectée. Le deuxième vaccin est celui contre le méningocoque, qui pourrait causer des méningites. Il est exigé par les autorités saoudiennes pour les pèlerins qui vont à La...