Ces pourparlers avaient été suspendus en mai par Mme Arroyo après une série d’attentats commis par la rébellion, que Manille accuse d’héberger des terroristes étrangers dans le sud des Philippines.
La présidente philippine a annoncé hier que Manille avait suspendu les poursuites en cours contre certains dirigeants du MILF, et allait délivrer des sauf-conduits à dix négociateurs du Front pour qu’ils puissent se rendre en Malaisie.
Elle a indiqué que la Malaisie, qui joue un rôle de médiateur entre le gouvernement philippin et les rebelles, s’apprêtait à déployer des observateurs de ce cessez-le-feu sur l’île de Mindanao, dans le sud des Philippines, où est implantée la guérilla.
Le MILF compte quelque 12 000 combattants et mène depuis 25 ans une guérilla pour la création d’un État islamique dans le sud des Philippines, pays majoritairement catholique.
Le gouvernement avait lancé en mai une offensive contre le Front, accusé de permettre à des membres du réseau islamiste d’Asie du Sud-Est Jamaa islamiya de s’entraîner dans ces zones et d’avoir commis une série d’attentats et attaques qui ont fait une centaine de morts depuis mars.
La Jamaa islamiya est tenue pour responsable de l’attentat qui avait fait 202 morts à Bali (Indonésie) en octobre 2002, et fortement soupçonnée d’être liée au réseau terroriste el-Qaëda d’Oussama Ben Laden.
Mme Arroyo a accusé les rebelles musulmans d’entraîner et d’héberger sur le sol philippin des « terroristes » étrangers liés à el-Qaëda. « Alors que nous nous attaquons aux racines de la rébellion, je suis confiante que nous parviendrons à isoler et marginaliser les cellules terroristes déjà affaiblies à Mindanao et dans la région », a-t-elle ajouté.
Le gouvernement philippin avait dit espérer qu’un accord politique pourrait être conclu dans les trois mois suivant l’ouverture de négociations formelles avec la guérilla.
La présidente a annoncé qu’un tribunal avait « suspendu » les mandats d’arrêt lancés contre certains négociateurs du MILF accusés d’avoir organisé un attentat à la bombe contre un aéroport et un port à Mindanao, et que ceux-ci pourront donc se rendre en Malaisie. Cette mesure concerne notamment le chef du Front, Salamat Hashim, et son chef militaire, Murad Ebrahim.
Le gouvernement va également annuler les mises à prix sur les têtes de plusieurs leaders du MILF, a dit Mme Arroyo, qui a donné ordre aux forces armées engagées dans la lutte contre la rébellion de réduire leur niveau d’intervention « d’opérations punitives à une défense active ».

