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À Najaf, la hawza essuie les critiques de la population

«La hawza ne fait rien pour nous. Les hommes de religion ne nous aident pas. Les gens de la hawza se partagent entre eux l’aide qui nous est destinée ». Dans l’un des souks de Najaf, centre du monde chiite et ville de la hawza, cette dernière n’est pas épargnée par le mécontentement des habitants. Mais attention, si on la critique, elle inspire toutefois encore un certain respect. À la question, : êtes-vous fâchés contre la hawza ? le ton baisse d’un cran : « Non, mais nous en avons assez d’attendre. Et puis la hawza n’est pas au pouvoir, il faut attendre et voir comment la situation va évoluer. »
Youssef, le changeur du souk, est plus radical. « Les hommes de religion ne comprennent rien à la démocratie. » Devant sa petite boutique, où la photo du sayyed Mohammed Baqer el-Sadr côtoie celle de Mao, il explique qu’un État laïc doit être mis en place. « Je suis persuadé que la majorité de la population partage mon opinion. » Ali Saer, propriétaire d’un hôtel-restaurant de la ville, assure que le peuple irakien n’aime pas les conservateurs. « Nous sommes un peuple progressiste. Nous aimons la vie. » Puis, il s’en prend aux exilés. « Nous soutenons ceux qui sont restés au pays et qui comprennent vraiment la nature du peuple irakien. En outre, en ce qui concerne Baqer el-Hakim, l’Iran veut profiter de lui, c’est évident. »
Sur les Américains, Ali est prolixe. « Ils sont venus pour reconstruire notre pays, et cela est une bonne chose. » Il apprécie également la politique américaine régionale : « Les États-Unis ne sont pas venus piller notre pétrole. Ils sont venus pour changer toute la configuration régionale. Cela est également une bonne chose. » Au souk, on affiche plutôt sa résistance. « Bush ne pourra jamais assujettir le peuple irakien car celui-ci tire sa force et son union de la religion. » Les soldats, ou plutôt les soldates américaines, n’échappent pas à la critique. « On ne devrait pas laisser entrer des femmes soldats à Najaf », explique un homme.
Les gens du souk, atteints de plein fouet par la crise, dénoncent également des promesses américaines. « Les Américains nous ont promis que nous retrouverions très vite nos emplois d’avant-guerre. Mais c’est faux. Nous attendons toujours. »
Depuis avril, les Irakiens de Najaf ont retrouvé une liberté d’expression, mais pas d’interlocuteur. Pas d’oreille pour recevoir leurs multiples doléances. C’est sur sa capacité à entendre son peuple que le nouveau Conseil de gouvernement transitoire sera assurément jugé.
E.S.
«La hawza ne fait rien pour nous. Les hommes de religion ne nous aident pas. Les gens de la hawza se partagent entre eux l’aide qui nous est destinée ». Dans l’un des souks de Najaf, centre du monde chiite et ville de la hawza, cette dernière n’est pas épargnée par le mécontentement des habitants. Mais attention, si on la critique, elle inspire toutefois encore un certain respect. À la question, : êtes-vous fâchés contre la hawza ? le ton baisse d’un cran : « Non, mais nous en avons assez d’attendre. Et puis la hawza n’est pas au pouvoir, il faut attendre et voir comment la situation va évoluer. »Youssef, le changeur du souk, est plus radical. « Les hommes de religion ne comprennent rien à la démocratie. » Devant sa petite boutique, où la photo du sayyed Mohammed Baqer el-Sadr côtoie celle de Mao, il...