La veille, la direction palestinienne réunie à Ramallah en Cisjordanie, sous la présidence du chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, a une fois de plus vivement dénoncé les visites du site organisées sous protection de la police israélienne depuis un mois. Lors d’une réunion conjointe du Comité exécutif de l’OLP, du Comité al-Qods et du Haut comité des forces nationales et islamiques, « la situation grave à Jérusalem (...), notamment en ce qui concerne la mosquée d’al-Aqsa, a été évoquée », selon une source officielle. « L’autorisation donnée par les forces israéliennes à l’entrée d’extrémistes et de colons dans la mosquée d’al-Aqsa est particulièrement dangereuse » compte tenu des « agressions dont ils se sont rendus coupables dans le passé », souligne un communiqué publié à l’issue de la réunion. Par la même occasion, le « président Arafat a adressé des messages aux dirigeants arabes et musulmans pour les avertir des dangers des incursions israéliennes dans la mosquée d’al-Aqsa », selon ce texte.
L’esplanade des Mosquées d’al-Aqsa et du dôme du Rocher (mont du Temple pour les juifs) est le troisième lieu saint de l’islam. Elle s’étend en partie sur le site du Temple juif, détruit par les Romains en 70 et dont le principal vestige est le Mur des lamentations, situé en contrebas de l’esplanade. Depuis la visite du Premier ministre israélien Ariel Sharon, à l’époque chef de l’opposition de droite, sur l’esplanade des Mosquées, le 28 septembre 2000, un déplacement qui avait servi de détonateur à l’intifada, l’entrée de ce site est interdite aux non-musulmans par le waqf, l’autorité religieuse musulmane. Mais il y a quelques semaines, la police, sur décision du gouvernement Sharon, a autorisé des groupes restreints de non-musulmans, en particulier de juifs, de se rendre à nouveau sur l’esplanade, sans pénétrer dans les mosquées elles-mêmes.
Le ministre israélien de la Sécurité intérieure Tzahi Hanegbi a affirmé qu’il était déterminé à autoriser la poursuite de ces visites. « Des juifs et d’autres non-musulmans doivent avoir la possibilité de se rendre sur l’esplanade, mais à ce stade il n’est pas question de les autoriser à y prier publiquement », a-t-il dit. « Il s’agit tout simplement de revenir au statu quo en vigueur jusqu’au déclenchement de l’intifada », a-t-il affirmé. Divers groupuscules ultranationalistes israéliens exigent quant à eux le droit pour des juifs de prier sur l’esplanade, ne cachant pas leur intention d’y rebâtir un temple juif. En revanche, le maire israélien de Jérusalem Uri Lupolianski, premier maire ultraorthodoxe de la Ville sainte, a dénoncé cette campagne ainsi que le feu vert donné à nouveau par les autorités à des visites. Il a rappelé la position traditionnelle du rabbinat interdisant à des fidèles de se rendre sur l’esplanade de crainte d’y fouler le site du « Saint des Saints » du Temple biblique.


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