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ÉDITION Une rentrée littéraire ouverte, marquée par les romans étrangers


La rentrée littéraire s’annonce ouverte, sans scandales et toujours plus abondante mais la fiction romanesque française, bien qu’incroyablement vivante, risque de souffrir de la comparaison avec la production étrangère dont, il est vrai, nous ne recevons que la meilleure partie.
691 romans, dont 455 français, paraissent à partir de cette semaine et jusqu’à début novembre, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. La production romanesque d’automne progresse de 4 % par rapport à 2002. Cette hausse concerne surtout la fiction étrangère (+6,3 %) et une tendance lourde de la rentrée réside dans l’importance accordée à ces romans par les éditeurs.
Cette inflation, grand embouteillage rituel de l’année, rend toujours plus féroce la bataille entre les éditeurs : il y aura encore plus de laissés-pour-compte car ni les libraires ni les médias ne peuvent absorber sérieusement une telle masse d’ouvrages.
Et, contrairement aux années Bernard Pivot, la télévision fait moins vendre de littérature, avec des émissions trop tardives qui ne retiennent qu’un public restreint.
Parmi ceux qui tireront leur épingle du jeu, pas d’inquiétude à avoir pour Frédéric Beigbeder. Il signe le roman français qui fera le plus couler d’encre : Windows on the World. Une fiction, énergique et narcissique, autour de l’impact du 11 septembre 2001 sur lui-même et sa génération. Le sujet est également traité, de manière opposée, par Luc Lang dans un beau récit fiévreux, 11 septembre, mon amour.
Plusieurs romans, dont les épreuves circulent depuis mai ou juin, ont déjà leurs défenseurs : Alice Ferney (Dans la guerre), Richard Millet (Ma vie parmi les ombres), Régis Jauffret (Univers, univers), Philippe Besson (Un garçon d’Italie), Philippe Claudel (Les âmes grises) et d’autres qui seront découverts petit à petit.
Parmi les révélations, un nom se détache, celui d’un quasi-inconnu avec trois livres, guère remarqués, derrière lui : Pierre Mérot. Il a écrit Mammifères, histoire d’un raté alcoolique, et certains parlent déjà d’un « nouveau Houellebecq ». D’autres jeunes voix sont également bien accueillies comme Fatou Diome (Le ventre de l’Atlantique) ou François Prunier (Martin Roi).
Mais pour plusieurs critiques, le meilleur vient de l’étranger. Comme ce fut le cas en 2002 avec notamment La tache de Philip Roth, un des grands succès de l’année en France.
Pierre Assouline, qui dirige la rédaction de Lire, considère que « le roman à la française est de plus en plus étroit. L’autofiction est en retrait et c’est tant mieux. Pour le reste, on a l’impression qu’il y a un moule et que les jeunes s’y glissent. Pour entendre une voix singulière, c’est très difficile. Il y a toujours de bons livres en France mais ce qui m’intéresse, c’est ce qui se fait à l’étranger. »
Une opinion que ne partage pas la rédactrice en chef du Monde des Livres, Josyane Savigneau, qui a ironisé dans le quotidien sur ceux qui font les « sempiternels commentaires : rien de bien ... Seuls quelques étrangers... Aucune tête d’affiche, parlant de haine de soi. »
Il n’empêche que de nombreux lecteurs attendent avec impatience d’aussi bons livres, entre autres : Avidité (Elfriede Jelinek), Cosmopolis (Don DeLillo), Que ferais-je quand tout brûle ? (Antonio Lobo Antunes), Middlesex (Jeffrey Eugenides), Londres (Peter Ackroyd), Danseur (Colum MacCann), Expiation (Ian MacEwan) ou Le musée du silence (Yôko Ogawa).
La rentrée littéraire s’annonce ouverte, sans scandales et toujours plus abondante mais la fiction romanesque française, bien qu’incroyablement vivante, risque de souffrir de la comparaison avec la production étrangère dont, il est vrai, nous ne recevons que la meilleure partie.691 romans, dont 455 français, paraissent à partir de cette semaine et jusqu’à début novembre, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. La production romanesque d’automne progresse de 4 % par rapport à 2002. Cette hausse concerne surtout la fiction étrangère (+6,3 %) et une tendance lourde de la rentrée réside dans l’importance accordée à ces romans par les éditeurs.Cette inflation, grand embouteillage rituel de l’année, rend toujours plus féroce la bataille entre les éditeurs : il y aura encore plus de laissés-pour-compte car ni...