À 29 ans (56 sélections/18 buts), le joueur d’Arsenal est le joueur le plus utilisé – ex aequo avec son ami Thierry Henry – par Jacques Santini depuis sa désignation, il y a un an, avec 14 matchs disputés (il n’a manqué que la première rencontre, face à la Tunisie, le 21 août 2002).
Deuxième meilleur buteur, également, de l’ère Santini avec 6 buts (derrière Henry, 10), le Gunner est devenu une pièce essentielle du dispositif des Bleus en 4-4-2, au point de reléguer Robert Pires sur le banc. Presque un paradoxe puisque, à Arsenal, Pires est indiscutable tandis que Wiltord – qui n’a pas prolongé son contrat cette saison avec le club londonien – débute régulièrement sur le banc.
Contre les Suisses, le hargneux Gunner – qui termina la première période avec un maillot déchiré – s’est démultiplié, s’offrant de belles occasions, à l’image d’une volée du gauche (2e), avant de marquer (13e) sur un service de Zidane et d’y aller de sa passe décisive pour Marlet (55e).
Avant d’être remplacé par Cissé – qui, en un an, est devenu son grand complice chez les Bleus – à 20 minutes de la fin, Wiltord n’a également pas hésité à quitter régulièrement son côté droit pour perturber les défenseurs.
Un signe évident de sa polyvalence, lui qui peut évoluer indistinctement sur les côtés comme dans l’axe, voire milieu défensif comme pendant la dernière Coupe des Confédérations.
Méfiant et rétif
Finalement, depuis ses débuts en bleu (le 10 février 1999), Wiltord s’est imposé, presque sans bruit, son grand fait d’armes étant son but dans le temps additionnel de la finale de l’Euro 2000, relançant in extremis une France aux abois avant que Trezeguet n’achève le travail.
Indispensable en sélection, le joueur n’a pourtant pas l’aura dont jouissent nombre de ses partenaires, qu’ils se nomment Henry, Dessailly, Lizarazu ou Barthez. La faute, peut-être, à un Mondial 98 passé devant la télévision ou, plus sûrement, à un silence, revendiqué et assumé, vis-à-vis des médias.
L’ancien joueur de Rennes et de Bordeaux est emblématique d’une génération, à l’image de Nicolas Anelka, méfiante et rétive à se répandre dans les médias.
C’est avec la plus grande parcimonie qu’il s’exprime, ne se prêtant ainsi jamais au jeu des conférences de presse, avant ou après les rencontres (et peu importe qu’il ait été « l’homme du match »), même si, paradoxalement, il fut le joueur français à accorder le plus d’entretiens individuels aux journalistes lors d’un Mondial 2002 où beaucoup de ses coéquipiers, d’habitude volubiles, étaient devenus muets.
Pour Wiltord, las de devoir toujours répondre aux mêmes questions, l’essentiel se passe sur le terrain. À le voir, difficile de lui donner tort.

