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Le parcours sanglant d’un inconditionnel de Saddam Hussein

Ali Hassan al-Majid, cousin du président déchu Saddam Hussein, a été surnommé « Ali le chimique » par les Kurdes irakiens pour avoir ordonné une attaque au gaz qui a tué des milliers d’entre eux en 1988, à Halabja. Cousin germain de Saddam Hussein et comme lui originaire de la ville de Tikrit, l’ancien ministre de l’Intérieur, 59 ans, est aussi l’un de ses premiers compagnons de route, un fidèle parmi les fidèles. Il était considéré comme l’homme de main de Saddam, chargé d’exécuter les basses besognes.
En mars 1987, il avait été nommé responsable du parti Baas, au pouvoir, pour le Kurdistan irakien, coiffant la police, l’armée et les milices dans la région. Deux mois plus tard, l’armée entreprend une immense opération d’évacuation de plusieurs régions du Kurdistan. Population et bétail sont emmenés de force près des frontières jordaniennes et saoudiennes, hors des zones d’implantation traditionnelles du peuple kurde. C’est le début d’une politique implacable de terre brûlée dans le Kurdistan. Elle redoublera après le lancement par l’Iran, en juin 1987, de l’offensive Nasr-IV qui sera soutenue par les partisans kurdes. Les 17 et 18 mars 1988, sous sa direction, Halabja, une ville kurde de 70 000 habitants, est bombardée au gaz par l’aviation. Des milliers de personnes sont tuées, dont nombre de femmes et d’enfants. Un bilan iranien fera état de 5 000 morts. Selon un rapport de Human Rights Watch (HRW), 100 000 Kurdes ont trouvé la mort ou ont disparu au cours de la campagne de répression menée par Ali Hassan al-Majid. C’est, semble-t-il, à cause de la férocité de la répression que M. Majid sera finalement écarté de son commandement au Kurdistan. En août 1990, il est nommé gouverneur du Koweït, occupé par l’Irak. Il y anéantira rapidement les poches de résistance avant de reprendre en février 1991 son poste de ministre des Affaires locales, dont il est titulaire depuis juin 1989. Dans ses attributions, il a la reconstruction des villes du sud de l’Irak dévastées par la guerre Irak-Iran (1980-1988). En mars 1991, il joue un rôle-clé lors de la répression sanglante du soulèvement chiite musulman dans le sud du pays.
Membre du Conseil de commandement de la révolution (CCR, plus haute instance dirigeante irakienne), « Ali le Chimique » a été désigné responsable de la région militaire sud, avec pour mission de défendre le Sud irakien face à l’offensive américano-britannique, lancée le 20 mars. En janvier, il s’était rendu à Damas puis à Beyrouth dans le cadre de tournées d’émissaires irakiens dans des pays arabes et étrangers, visant à faire valoir le point de vue de l’Irak, un mois et demi après le début des inspections de l’Onu sur le désarmement de son pays. C’était son premier voyage à l’étranger depuis 1988.
Ali Hassan al-Majid, cousin du président déchu Saddam Hussein, a été surnommé « Ali le chimique » par les Kurdes irakiens pour avoir ordonné une attaque au gaz qui a tué des milliers d’entre eux en 1988, à Halabja. Cousin germain de Saddam Hussein et comme lui originaire de la ville de Tikrit, l’ancien ministre de l’Intérieur, 59 ans, est aussi l’un de ses premiers compagnons de route, un fidèle parmi les fidèles. Il était considéré comme l’homme de main de Saddam, chargé d’exécuter les basses besognes.En mars 1987, il avait été nommé responsable du parti Baas, au pouvoir, pour le Kurdistan irakien, coiffant la police, l’armée et les milices dans la région. Deux mois plus tard, l’armée entreprend une immense opération d’évacuation de plusieurs régions du Kurdistan. Population et bétail sont...