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L’Onu pleure « Sergio » (photo)

Aux Nations unies à Genève, où Sergio Vieira de Mello a vécu l’essentiel de sa carrière, tout le monde l’appelait « Sergio » et tous, du balayeur au haut fonctionnaire, affichaient hier leur chagrin après la mort du représentant spécial de l’Onu en Irak, tué la veille dans un attentat à Bagdad.
Le Brésilien Sergio Vieira de Mello, 55 ans, a travaillé à Genève pendant près de trente ans, de 1969 à 1997, pour le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). Depuis septembre 2002, il était haut-commissaire aux droits de l’homme, une fonction occupée précédemment par l’Irlandaise Mary Robinson.
Hier matin, lorsque le Palais des nations s’est éveillé, les premiers mots d’un Nigérian de l’équipe de nettoyage ont été pour celui qu’il a parfois croisé à l’Onu : « Il avait l’air d’un homme sympathique, intellectuellement solide, allant au bout des choses. »
Quand ils évoquaient cet homme charismatique et unanimement apprécié pour ses qualités humaines, ses porte-parole, lors des conférences de presse, oubliaient souvent le titre de haut-commissaire pour évoquer simplement « Sergio », avant de se reprendre. Annick Stevenson qui avait travaillé à ses côtés au HCR, puis en Bosnie et au Cambodge et qu’il avait ensuite appelée en septembre 2002 pour être sa porte-parole au palais Wilson, siège des droits de l’homme, est sous le choc. « Extrêmement humain, très simple, fidèle en amitiés », Annick Stevenson ne tarit pas d’éloges. « J’ai travaillé des années avec lui depuis 1981 et je ne l’ai jamais vu en colère. Il faisait confiance aux gens. Il était très soucieux des autres et prenait le temps d’écouter, ce qui est rare », dit-elle.
Elle évoque également les excellentes relations avec la presse de celui qui jugeait « très important que les journalistes puissent observer les faits par eux-mêmes ». Les journalistes lui en savaient gré. Au cours d’un récent déjeuner avec la presse accréditée auprès des Nations unies, la sympathie était palpable, plusieurs journalistes tutoyant le haut-commissaire sans cérémonie et l’appelant par son prénom. Vieira de Mello n’en prenait pas ombrage, devisant avec chacun et répondant avec aisance et simplicité aux questions, même les plus provocantes.
Les patrons des principales agences humanitaires de l’Onu lui ont également rendu hommage. « Il est parti en Irak avec beaucoup de courage et d’engagement parce qu’il a toujours voulu relever les défis. C’était un homme exceptionnel », a réagi Kamel Morjane, numéro trois du HCR, avant d’ajouter : « J’ai rarement vu un consensus aussi grand autour d’une personne comme autour de Sergio, de la part de ses collègues, mais aussi des représentants des grandes puissances. »
À Genève, comme à New York, le drapeau de l’Onu est en berne et ceux des 191 États membres ont été enlevés en signe de deuil, pour une durée indéterminée.
Aux Nations unies à Genève, où Sergio Vieira de Mello a vécu l’essentiel de sa carrière, tout le monde l’appelait « Sergio » et tous, du balayeur au haut fonctionnaire, affichaient hier leur chagrin après la mort du représentant spécial de l’Onu en Irak, tué la veille dans un attentat à Bagdad.Le Brésilien Sergio Vieira de Mello, 55 ans, a travaillé à Genève pendant près de trente ans, de 1969 à 1997, pour le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). Depuis septembre 2002, il était haut-commissaire aux droits de l’homme, une fonction occupée précédemment par l’Irlandaise Mary Robinson.Hier matin, lorsque le Palais des nations s’est éveillé, les premiers mots d’un Nigérian de l’équipe de nettoyage ont été pour celui qu’il a parfois croisé à l’Onu : « Il avait l’air d’un homme...