Les autorités iraniennes ont admis que des membres subalternes mais aussi « importants » du réseau d’Oussama Ben Laden avaient été arrêtés en Iran, mais elles ont toujours refusé de révéler leur identité. Le quotidien arabe al-Sharq al-Awsat écrivait dans son édition du mercredi passé que le numéro deux d’el-Qaëda, l’Égyptien Ayman al-Zawahiri, se trouvait en Iran et a fait aussi état de la présence de Saad Ben Laden, l’un des fils d’Oussama Ben Laden, et de l’Égyptien Saïf al-Adel, qui serait le nouveau numéro trois d’el-Qaëda.
Les informations sur la détention de membres du réseau Ben Laden sont avancées depuis plusieurs semaines par la presse arabe et des sources diplomatiques. Aux noms antérieurement évoqués s’ajoute celui de Souleimane Abou Ghaïth, porte-parole d’el-Qaëda, un Koweïtien déchu de sa nationalité.
Les autorités iraniennes refusent de remettre aux États-Unis ces membres arrêtés en Iran. Téhéran refuse également de les extrader vers un pays allié des Américains, comme le réclame Washington. Le président iranien Mohammed Khatami a même exclu, mercredi, que les Américains puissent les interroger.
Le président Khatami avait par ailleurs affirmé que l’Iran n’avait « aucun problème » pour livrer à Ryad les détenus ayant la nationalité saoudienne. Mais les autorités saoudiennes et koweïtiennes auraient refusé, selon des sources diplomatiques, que l’Iran extrade vers leur territoire des membres d’el-Qaëda, d’origine saoudienne ou koweïtienne, qui ont été déchus de leur nationalité d’origine.
Dans ces conditions, le jugement en Iran des terroristes appartenant au réseau Ben Laden apparaît comme un moindre mal. Téhéran justifie ce choix par le fait qu’el-Qaëda avait projeté de mener des actions terroristes sur le sol iranien. Déjà, la semaine passée, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, avait déjà laissé entendre que l’Iran jugerait lui-même les membres d’el-Qaëda arrêtés en Iran « si leur nationalité n’est pas définie et si aucun pays ne les accepte ».

