Alors que dans l’ensemble, le marché des transferts britannique était plutôt calme, l’homme d’affaires qui a fait fortune dans le pétrole, signait les chèques à tout-va.
Clamant que son joueur préféré était Thierry Henry et qu’il « achèterait » un jour David Beckham, Abramovitch ne parvenait cependant pas à recruter de vedette planétaire. Au Camerounais Geremi et aux Anglais Wayne Bridge (Southampton) et Joe Cole (West Ham) venaient s’ajouter l’Argentin de Manchester United, Juan Sebastian Veron, puis le Roumain Adrian Mutu (Parme).
Pour beaucoup, Chelsea a payé très cher des joueurs que peu de clubs se disputaient. Ainsi Southampton a-t-il été tout heureux de recevoir 11 millions d’euros pour Wayne Bridge, alors que le club n’en souhaitait à l’origine que 6 millions.
Bien sûr, l’équipe a fière allure, autour de sa défense française Desailly-Gallas, la meilleure en Angleterre, de son milieu Veron-Lampard-Geremi-Duff, le tout servant une attaque Gudjohnsen-Hasselbaink. Mais le nouveau propriétaire, qui a d’autres ambitions que la Coupe de l’UEFA, laissera-t-il le temps à son équipe pour huiler ses rouages ? Les nombreuses rumeurs autour de l’arrivée possible du sélectionneur de l’équipe d’Angleterre, Sven-Goran Eriksson, font dire à beaucoup que l’avenir de l’entraîneur actuel Claudio Ranieri serait à court terme menacé.
La liste des joueurs recrutés ressemblerait même à la liste des joueurs préférés d’Eriksson, avançait hier le Daily Telegraph qui penche pour une arrivée du Suédois à Stamford Bridge à l’issue du prochain championnat d’Europe des nations, en juin prochain.
« Beaucoup de pression »
« Nous savons, et moi le premier, ce que nous devons à Ranieri et nous voulons nous qualifier pour lui », expliquait John Terry, à la veille de la victoire de Chelsea (2-0) à Zilina (Slovaquie), mercredi, en match aller du 3e tour préliminaire de la Ligue des champions. S’il a le soutien des joueurs, Ranieri semble pour le moment ravi de sa nouvelle collaboration avec Abramovitch. « J’ai l’impression d’être dans un nouveau club. C’est un nouveau Chelsea, l’ancien pouvait juste se permettre de recruter un ou deux joueurs. Désormais notre vie a changé. »
Même satisfaction du côté du capitaine des « Blues », Marcel Desailly, pour qui le nouveau propriétaire a pris « des décisions intelligentes. Il s’est donné les moyens de faire de Chelsea un grand d’Europe. Dans un an et demi, nous disposerons d’un nouveau centre d’entraînement. Il n’a pas fait n’importe quoi, c’est clair ». « Maintenant, il y a beaucoup de pression sur le groupe, mais il faut que l’amalgame se fasse. À moyen terme, on aura des résultats », promet le capitaine de l’équipe de France.
Avec un seul titre de champion d’Angleterre qui remonte à 1955 et trois dernières campagnes européennes calamiteuses, Chelsea n’a cette fois pas droit à l’échec. Grâce à la générosité d’un autre millionnaire, Blackburn avait en 1995 remporté le championnat d’Angleterre. Mais il avait fallu à l’équipe de Kenny Dalglish des années de patience.
Abramovitch risque d’être un peu plus pressé.


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