« Le retour à la stabilité dans l’après-guerre en Irak, la sauvegarde de l’intégrité territoriale et de l’unité politique ainsi que l’élimination des éléments terroristes dans ce pays sont d’une importance primordiale pour la région et la Turquie », a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence Sermet Atacanli au terme de la réunion. M. Atacanli a souligné que la « contribution » de la Turquie aux efforts dans ces domaines serait déterminée en prenant en compte ses intérêts nationaux et en suivant « le processus de prise de décision démocratique ».
Organisé par le président de la République Ahmet Necdet Sezer, le sommet a réuni le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, les ministres des Affaires étrangères Abdullah Gül et de la Défense Vecdi Gönül, le chef d’état-major des armées, le général Hilmi Özkök, ainsi que des responsables du service de renseignements et de la diplomatie du pays.
Un Conseil des ministres, qui devait initialement suivre la réunion au sommet, a été reporté au début de la semaine prochaine.
L’annonce officielle d’une décision sur l’envoi de troupes ne devrait intervenir qu’en fin de mois, à l’issue d’une réunion, le 22 août, du Conseil national de sécurité (MGK).
Mais le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) et l’armée sont clairement en faveur d’un déploiement de militaires turcs et entendent soumettre cette demande au Parlement, actuellement en vacances.
Le chef d’état-major adjoint, le général Yasar Buyukanit, s’est exprimé dimanche en faveur d’une participation de son pays à une mission de maintien de la paix en Irak, affirmant que la « Turquie ne pouvait rester indifférente à l’instauration d’une situation instable à ses portes ».
En participant à une force de maintien de la paix, Ankara espère relancer les relations turco-américaines, sérieusement mises à mal par la décision début mars des députés turcs de refuser l’autorisation aux Américains de passer par la Turquie pour envahir l’Irak par le Nord.
La détention par l’armée américaine début juillet de 11 membres des forces spéciales turques dans le Nord de l’Irak, à majorité kurde, a également fait l’effet d’une nouvelle douche froide dans les liens bilatéraux. Si une décision officielle est prise dans les jours prochains, le Parlement turc pourrait être convoqué, en session extraordinaire, probablement en septembre, pour décider de l’envoi de forces turques à l’étranger, comme le stipule la Constitution.
L’opposition parlementaire, certains députés de l’AKP ainsi qu’une majorité de l’opinion publique en Turquie sont opposés à l’envoi de troupes en Irak, craignant que les militaires turcs ne subissent le sort des soldats américains, cibles d’attaques fréquentes.
Mais l’AKP détient une majorité absolue des sièges au Parlement et le gouvernement pourrait contraindre ses députés à suivre ses consignes.
La police turque a interpellé mardi à Istanbul et Ankara une trentaine de manifestants, des étudiants de gauche, qui protestaient contre un possible envoi de militaires turcs en Irak.

