La Sucrière, immense édifice industriel des bords de Saône réhabilité pour l’occasion, le musée d’art contemporain, le musée des beaux-arts, le Rectangle et, à Villeurbanne, dans la banlieue nord-est, l’institut d’art contemporain, accueillent les œuvres d’une cinquantaine d’artistes.
« Ces lieux aux ambiances particulières, que le visiteur peut parcourir facilement en une journée, obligent à s’inscrire dans la réalité de Lyon, de ses fleuves », explique Xavier Douroux, l’un des commissaires de l’exposition.
Thierry Raspail confirme : « La Sucrière offre sur plusieurs étages une progression naturelle, l’institut d’art contemporain propose une découverte basée sur l’idée de labyrinthe, et au musée d’art contemporain, on découvre immédiatement les choses.»
Cette nouvelle disposition marque un tournant, les six premières éditions ayant eu lieu dans l’immense halle Tony-Garnier, « un espace unique offrant une solution de parcours peu propice », selon Xavier Douroux.
« Notre projet global a consisté à nous inscrire en contre-proposition face au système des nombreuses biennales internationales existantes, qui rassemblent des individualités fortes autour d’un thème. Nous cherchons plutôt à revenir à l’œuvre, avec un nombre d’artistes limité », explique Thierry Raspail, pour qui « le choix proposé est une combinaison entre l’intérêt de l’œuvre et la qualité du lieu l’accueillant ».
Il cite par exemple Sod and Sodie Sock, des artistes américains Mike Kelley et Paul McCarthy, associant sur 700 mètres carrés sculpture, photographie, dessin, musique et vidéo, une œuvre « qui n’aurait pas pu être montrée sans 1 500 mètres carrés au musée des arts contemporains ».
À la Sucrière, l’Italien Piero Gilardi, qui travaille désormais à la création « d’œuvres interactives », avec l’aide de nouvelles technologies comme l’ordinateur, propose des pieds de vigne dansant drôlement sur une musique disco autour d’un menhir qui projette au plafond.... un film de raisins.
Les avions miniatures d’Hiraki Sawa se croisent lentement dans toutes les pièces d’un appartement tandis que Larry Clark dérange avec ses centaines de photos, objets, articles de journaux et courriers présentant une Amérique de jeunes paumés, glauque et crue à la fois.
Xavier Douroux note cette année « un retour en force de la sculpture » et des œuvres vidéo « plus précises, plus tenues », bien éloignées de « la boîte noire » des débuts.


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