Avant le lancement de l’invasion de l’Irak en mars dernier, les États-Unis et la Grande-Bretagne affirmaient haut et fort que le régime de Saddam Hussein cherchait à mettre au point une bombe atomique et d’autres armes de destruction massive. En quatre mois d’inspections avant la guerre, les experts en armement de l’Onu n’avaient découvert aucune preuve de l’existence de telles armes en Irak. De même, depuis la fin des grandes opérations militaires, Américains et Britanniques n’ont trouvé aucune preuve à l’appui de leurs affirmations.
« Je pense que même les inspecteurs, lorsqu’ils étaient là-bas, savaient (...) quelles étaient les activités menées en Irak. Et vous savez qu’un programme d’armement nucléaire, c’est quelque chose de très pointu », déclare dans une interview Abbas Balassem, directeur général de la section « matériaux dangereux » au ministère irakien des Sciences et de la Technologie. « Pour ce qui est des armes biologiques ou chimiques, vous pouvez faire quelque chose dans ces domaines. Mais dans le nucléaire, il vous faut un réacteur, par exemple. Aussi était-il difficile pour l’Irak de relancer un tel programme », a-t-il ajouté. Avant la guerre, Balassem était membre de la Commission irakienne à l’énergie atomique. Prié de dire s’il était d’accord avec l’affirmation de l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique) selon laquelle les inspecteurs avaient véritablement démantelé le programme d’armes nucléaires de l’Irak dans les années 1990, Balassem opine : « Je pense que c’est vrai. »
De son côté, la chaîne de télévision américaine ABC a affirmé lundi qu’un projet de rapport sur la recherche d’armes de destruction massive en Irak n’apportait aucune preuve solide de la possession par Bagdad de telles armes, lorsque les États-Unis avaient envahi le pays, en mars.

