Quitter BMW à un moment où la marque est en lutte pour le titre mondial, cela peut paraître insensé, mais Gerhard avait prévu sa sortie depuis un certain temps. « Il faut partir lorsqu’on est au sommet... plus sérieusement, j’ai beaucoup réfléchi avant de prendre ma décision. Après réflexion, j’ai senti qu’il était temps d’arrêter. Je ne veux plus continuer de mener ce style de vie très agité. Je veux pouvoir me reposer et découvrir ce qui est encore important pour moi au-delà du sport automobile », commentait Gerhard.
« J’ai fais une belle carrière de pilote et j’ai passé du bon temps ces cinq dernières années avec BMW. Je leur suis reconnaissant pour la confiance qu’ils m’ont témoigné. Travailler avec Mario Theissen a été une expérience extrêmement agréable. Quel que soit mon avenir professionnel, je doute de pouvoir retrouver un collaborateur comme Mario. Nous sommes complémentaires et j’ai entière confiance en lui », déclarait Berger.
Convaincu que BMW et Williams sont en mesure de l’emporter cette année, Gerhard Berger aura sa part du gâteau. « L’aspect le plus important a été le développement d’un esprit d’équipe dans la société. Un pilote doit être égocentrique, mais pour le patron d’une équipe, ce comportement serait contre-productif. Mario, naturellement, m’a beaucoup aidé pour comprendre la manière dont pense un constructeur automobile aussi important et comment BMW est structurée. Il connaît bien la compagnie et tous ses cadres. J’ai appris à traiter des détails et des innombrables paramètres qu’un pilote ne soupçonne même pas », avouait- il.
« Mes cinq ans passés chez BMW ont été couronnés de succès. Tout cela m’a procuré de grandes joies. Je ne suis pas le seul à applaudir, nous avons tous atteint nos objectifs. Notre but était de bien représenter BMW sur le plan sportif mais aussi de donner une bonne image à cette marque. Le contrat de cinq ans avec Williams est la meilleure chose que je pouvais souhaiter avant de m’en aller », ajoutait Berger.
« Quand j’avais visité les installations à Munich, particulièrement le centre de recherche et d’innovation, je savais que nous avions les moyens de bien faire. Je suis sûr que BMW a toutes les ressources nécessaires pour construire un bon châssis de F1 mais au début, les gens de BMW trouvaient cela mégalo. C’était certainement un peu risqué de développer et de fabriquer un châssis et un moteur et finalement, nous concentrer sur notre rôle de motoriste a été le bon choix. »
« Bien entendu la F1, c’est le sommet pour moi, mais un de mes plus grands souvenirs est d’avoir gagné Le Mans en 1999. Nous avons affronté une concurrence extrêmement relevée et nous n’étions pas les favoris », se souvient Gerhard.
« Les techniciens de BMW collaborant avec l’équipe Schnitzer et pour moi Charly Lamm est sans doute le meilleur stratège de tous. En plus, nous avions des équipages vraiment rapides. Ces 24 Heures ont été une expérience inoubliable et assurément importante pour mon avenir aux yeux de BMW car j’avais pris quelques décisions qui ne m’avaient pas rendu très populaire », reconnaissait l’ancien pilote autrichien.
Quant à savoir quels Grands Prix vont lui manquer, Berger admet avoir une préférence pour les destinations lointaines. « Mes deux endroits préférés étaient Rio et Adélaïde. Des villes fantastiques. J’ai également toujours eu plaisir à aller à Montréal et à Budapest. Mais je n’étais jamais très pressé pour aller à Magny-Cours. »
Après une vie aussi active ces 25 dernières années, on imagine mal Gerhard Berger rester longtemps sans rien faire. « Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir. D’abord, je veux voir si le monde des sports mécaniques me manque, si je peux me passer de F1... Beaucoup de choses m’intéressent en dehors du sport automobile, l’immobilier par exemple. Je ne suis pas obligé de me presser... je ne pense pas que j’aurai le temps de m’ennuyer », concluait Gerhard Berger.

