Le chancelier Schröder a indiqué de son côté, tout en saluant « un mouvement » de la part des États-Unis, que le projet de résolution américain était insuffisant : « En vérité, je pense comme lui (Jacques Chirac) que ce projet ne va pas assez loin, qu’il n’est pas assez dynamique », a-t-il jugé. M. Schröder a souligné que l’Onu « doit avoir la responsabilité du processus politique » en Irak.
Jacques Chirac a indiqué que le projet de résolution allait « faire l’objet de discussions » et que la France en relation avec l’Allemagne « aurait l’occasion de présenter des amendements ». Compte tenu du sort qui sera réservé à ces amendements, la France arrêtera sa position au Conseil de sécurité. Le projet américain sur l’Irak « va dans le bon sens » mais demeure insuffisant sur la restitution rapide de sa souveraineté à ce pays, a également déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.
La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a pour sa part indiqué que le projet américain « ne semble pas remplir les conditions » évoquées par le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan sur le rôle des Nations unies.
Trop axé sur la sécurité,
pas assez sur la politique
Selon des sources diplomatiques françaises, le texte américain ne paraît pas marquer un changement d’approche suffisant pour faire face à la situation de crise extrême en Irak. Paris estime qu’il est trop essentiellement axé sur la dimension sécuritaire et qu’il ne prend pas en compte les nécessités politiques de l’Irak.
Selon la France, la remise rapide du pouvoir aux Irakiens est une condition fondamentale pour la réussite de la stabilisation de l’Irak, et le projet ne donne pas aux Nations unies le rôle qui devrait leur incomber dans ce processus, d’après ces sources.
Selon des sources proches du gouvernement allemand citées par l’agence DPA, les États-Unis n’ont pas formulé de demandes de contribution à Berlin dans le cadre de la résolution. Mais, d’après le quotidien régional Leipziger Volkszeitung paru hier, le secrétaire général de l’Otan George Robertson et des dirigeants militaires et politiques américains font pression sur Berlin pour qu’il décide de s’engager en Irak.
Le secrétaire d’État américain Colin Powell a de son côté assuré hier que le projet de résolution sur l’Irak présenté par les États-Unis visait à répondre aux demandes de pays comme la France et l’Allemagne. « S’ils ont des suggestions, je serais plus que content de les écouter », a-t-il ajouté à l’issue d’une rencontre avec le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, qui a pour sa part promis de chercher à faire l’unité au sein de l’Union européenne lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE en Italie vendredi et samedi, M. Powell s’est toutefois gardé de donner une réponse trop précise à ces déclarations franco-allemandes, en soulignant qu’il venait à peine d’en prendre connaissance et qu’il « allait les étudier ».

