Le dollar s’est ressenti hier de la progression surprise des demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis, au lendemain de la mise en garde lancée par la Fed contre la fragilité du marché de l’emploi, alors que le statu quo monétaire observé par la BCE et la Banque d’Angleterre a privilégié l’euro et le sterling sous le rapport de la rentabilité. Ces deux monnaies, qui avaient progressé à la mi-journée après le maintien du principal taux directeur dans la zone euro à 2 % et en Grande-Bretagne à 3,5 % contre 1 % aux États-Unis, se sont davantage appréciées ensuite à l’annonce par le département US du Travail d’une hausse de 15 000 du nombre des demandes d’allocations chômage la semaine dernière (à 413 000), en raison de plusieurs suppressions d’emplois. Ce développement, qui a profondément déçu les investisseurs à la veille de la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis en août, a relégué au second plan les autres statistiques US très encourageantes. À cet égard, le marché s’est montré indifférent au maintien de l’indice d’activité des services aux États-Unis, calculé par le groupement national des directeurs d’achats (ISM), à 65,1 points en août, même après l’annonce par le département US du Commerce d’une nouvelle hausse de 1,6 % des commandes industrielles en juillet. Il en est de même de la révision à la hausse par le département US du Travail du taux de la productivité aux États-Unis de 5,7 % à 6,8 % au deuxième trimestre et qui est passée inaperçue. En revanche, les porteurs d’euros se sont montrés plutôt rassurés par l’annonce de l’Office fédéral du Travail que le nombre de chômeurs en Allemagne a baissé d’environ 38 000 personnes en août pour s’établir à 4,314 millions de personnes en raison de plusieurs créations d’emplois. Pourtant, le dollar a trouvé appui contre le yen dans des rumeurs d’intervention de la Banque du Japon pour freiner la hausse de sa monnaie, fort compromettante pour les exportations nippones. Il s’est, en effet, négocié à New York à 1,0940 pour un euro contre 1,0840 la veille, à 1,5815 pour un sterling contre 1,5710, à 1,4060 FS contre 1,4155, mais à 116,75 yens contre 115,90. La baisse du billet vert à l’étranger et la stabilité de ses cours à Beyrouth ont pesé hier sur la LL face aux monnaies européennes. En outre, on a observé un certain ralentissement de la demande du dollar à des fins de souscription aux certificats de dépôts en LL émis par la BDL dont le volume n’aurait pas dépassé quelque 8 millions de dollars, négociés à 1 514,25 LL sur le marché interbancaire. En Bourse, les marchés US des actions ont été, au contraire, soutenus par les bonnes statistiques économiques sur les États-Unis en dépit des mauvais chiffres de l’emploi. Wall Street est parvenue ainsi à regagner 0,2 % à 9 587,90 points et le Nasdaq 0,87 % à 1 868,98 points. Ailleurs en Europe, les Bourses étaient partagées entre de bonnes nouvelles macroéconomiques et des prises de bénéfices après deux journées de hausse. D’un côté, le CAC 40 a perdu 0,35 % à 3 410,69 points et le Footsie 0,31 % à 4 248,80 points, et de l’autre l’Extra Dax a pris 0,58 % à 3 668,67 points. À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la baisse de 29 363 actions A et de 4 818 actions B de Solidere de 4,33 à 4,32 $ et de 4,59 à 4,38 $ respectivement, et la hausse de 34 626 actions C de la Banque Audi de 18,25 à 18,29 $, alors que 5 000 actions C de la Bank of Beirut se sont maintenues à 7,82 $ ainsi que 4 actions du Beirut Interbank Fund à 4 $.
Élie KAHWAGI
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