Le Dr David Kelly avait écrit ce qu’il pensait vraiment de la menace irakienne sous la forme d’un article quelques semaines avant le début du conflit, mais il ne l’avait jamais publié.
« Si la menace actuelle présentée par l’Irak demeure modeste militairement tant en termes d’armes conventionnelles que non conventionnelles, écrivait-il, (Bagdad) n’a toutefois jamais abandonné l’intention de développer et de stocker de telles armes pour un usage à la fois militaire et terroriste. » « Après 12 années infructueuses de désarmement sous la supervision de l’Onu, la force militaire apparaît malheureusement comme la seule façon de désarmer l’Irak une fois pour toutes », ajoutait-il.
« La guerre semble être à présent inévitable », notait-il, soulignant que dans ce cas de figure, la proportionnalité et l’intensité du conflit dépendraient de son « véritable objectif ».
« Les États-Unis, et quiconque voudra les aider, devront s’assurer que la force, la puissance et la stratégie utilisées seront appropriées à la modeste menace que pose aujourd’hui l’Irak », s’inquiétait-il dans l’article publié dimanche.
« Certaines des armes biologiques et chimiques déployées en 1991 restent disponibles, quoique à échelle réduite », soulignait-il. Des « bombes et roquettes aériennes sont tenues disponibles pour être remplies » d’agents chimiques et bactériologiques, ajoutait-il.
En outre, David Kelly insistait sur le fait qu’« il y a peu de chances pour que la menace des armes chimiques et biologiques de l’Irak affecte substantiellement les facultés opérationnelles des troupes américaines et britanniques ».

