Les chefs de cinq milices de l’Ituri, un district en proie à des violences interethniques très meurtrières dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), se sont engagés hier à Dar es-Salaam à cesser le feu, sous la médiation du président congolais Joseph Kabila. « Les parties réitèrent leur engagement à respecter, à dater de ce jour, l’accord de cessation des hostilités signé le 18 mars 2003 à Bunia », chef-lieu de l’Ituri, lit-on dans le texte signé par les cinq factions. L’accord du 18 mars n’avait jamais été respecté. Cet « Acte d’engagement pour la relance du processus de pacification de l’Ituri » a été signé en début d’après-midi hier dans la capitale économique tanzanienne, « devant » et « à l’invitation » du président Kabila, « sous la facilitation du gouvernement de la RDC », précise un communiqué de la médiation. L’accord prévoit, outre la cessation des hostilités, le cantonnement des belligérants, la démilitarisation de la ville de Bunia en proie à de violents combats depuis le 12 mai, et invite au déploiement de troupes étrangères sous l’égide de l’Onu. En outre, les parties signataires « en appellent aux pays étrangers pour qu’ils cessent leur soutien aux groupes armés opérant en Ituri » et « invitent le gouvernement de la RDC à faire preuve de neutralité ». Les cinq chefs de faction signataires sont : Thomas Lubanga, leader de l’Union des patriotes congolais (UPC, rébellion proche du Rwanda et dominée par l’ethnie Hema, minoritaire dans l’Ituri), Justin Gopa Lobo, commandant en chef du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), une faction armée dominée par l’ethnie lendu, majoritaire et opposée aux Hemas, ainsi que les leaders de trois milices plus marginales, les Forces armées du peuple congolais (FAPC), les Forces populaires pour la démocratie du Congo (FPDC), et le Parti pour l’unité et la sauvegarde de l’intégrité du Congo (PUSIC). L’UPC, qui n’avait pas signé l’accord de cessez-le-feu du 18 mars, avait repris le contrôle de Bunia le 12 mai, après le départ de l’armée ougandaise qui l’en avait chassé le 6 mars. Depuis, de violents combats opposent des milices dominées par les Lendus à l’UPC, à qui elles veulent reprendre Bunia.
Les massacres entre Lendus et Hemas émaillent l’histoire de ce petit district de l’Est congolais, riche en or et diamants et, potentiellement, en pétrole. Massacres auxquels viennent souvent se greffer les combats entre mouvements rebelles congolais concurrents, soutenus par les États voisins hostiles à Kinshasa, le Rwanda et l’Ouganda. Tout l’Est de la RDC et une bonne partie du centre sont contrôlés par des mouvements rebelles qui, soutenus par le Rwanda ou l’Ouganda, combattent, depuis août 1998, Kinshasa et les milices qui lui sont alliées.
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