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Erakat, un avocat éloquent de la cause palestinienne

Saëb Erakat, qui a annoncé hier sa démission du gouvernement palestinien, est un avocat éloquent de la cause palestinienne, ce qui lui a valu d’être en première ligne des pourparlers avec Israël depuis plus de dix ans.
Cet universitaire de 48 ans, qui s’exprime dans un anglais parfait, non dénué d’humour, a fait partie de toutes les équipes de négociateurs avec Israël, sauf la plus importante qui avait négocié secrètement les accords d’Oslo de 1993, actuellement au point mort.
C’est que ce Palestinien né à Jérusalem n’appartient ni au mouvement Fateh du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat ni au sérail de ses compagnons de route, qui ont vécu avec lui en diaspora, notamment à Tunis. Il a en outre publiquement dénoncé la corruption au sein de l’Autorité palestinienne, au risque de s’y faire des ennemis.
Il a provoqué hier une première crise gouvernementale en annonçant sa démission du cabinet, où il était chargé des négociations, à la veille d’une rencontre entre le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas et son homologue israélien Ariel Sharon.
M. Erakat n’a fourni aucune explication sur sa décision, mais a indiqué aux journalistes ne pas avoir reçu de réponse à sa démission présentée deux jours auparavant.
Selon une source officielle palestinienne, M. Erakat est mécontent de n’avoir pas été inclus dans la délégation qui va rencontrer samedi soir M. Sharon, et plus généralement pour la façon dont les contacts ont été menés avec Israël.
Qu’elle soit ou non effective, sa démission témoigne d’un malaise profond au sein de la direction palestinienne, depuis l’investiture le 30 avril de M. Abbas, considéré comme un modéré largement imposé à M. Arafat par les États Unis, Israël et la communauté internationale.
Cette nomination n’a jusqu’à présent entraîné aucune baisse des violences ni une relance effective des négociations.
Les groupes armés palestiniens, plus ou moins autonomes, continuent leurs attaques contre des colons et des militaires dans les territoires occupés et leurs attentats-suicide ainsi que leurs tirs de roquettes Qassam contre Israël.
Israël continue de son côté de mener des incursions meurtrières en zone autonome palestinienne, ainsi que des « opérations ciblées » de liquidations d’activistes.
Sur le plan politique, la « feuille de route », un document international pour un règlement politique du conflit israélo-palestinien, a bien été publiée suite à la nomination de M. Abbas, mais n’a toujours pas connu un début d’application.
En présentant sa démission, M. Erakat semble donc en fait reprocher à M. Abbas d’avoir accepté une rencontre avec M. Sharon sans avoir en contrepartie obtenu l’assurance d’un geste de bonne volonté d’Israël.
En septembre 1999, un désaccord avec M. Arafat avait valu à M. Erakat de perdre la direction des négociations avec Israël sur l’application des accords de Wye Plantation.
Il avait en revanche joué un rôle important lors du sommet avorté de Camp David en juillet 2000, puis les mois suivants lors des négociations israélo-palestiniennes de Taba (Égypte) qui avaient sérieusement rapproché les positions des deux parties sans aboutir à un accord.
Ex-journaliste au quotidien indépendant al-Qods de Jérusalem-Est, ce politologue est docteur en polémologie d’une université britannique et a enseigné à l’Université an-Najah de Naplouse (Cisjordanie) où il est titulaire d’une chaire.
Saëb Erakat, qui a annoncé hier sa démission du gouvernement palestinien, est un avocat éloquent de la cause palestinienne, ce qui lui a valu d’être en première ligne des pourparlers avec Israël depuis plus de dix ans.Cet universitaire de 48 ans, qui s’exprime dans un anglais parfait, non dénué d’humour, a fait partie de toutes les équipes de négociateurs avec Israël, sauf la plus importante qui avait négocié secrètement les accords d’Oslo de 1993, actuellement au point mort.C’est que ce Palestinien né à Jérusalem n’appartient ni au mouvement Fateh du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat ni au sérail de ses compagnons de route, qui ont vécu avec lui en diaspora, notamment à Tunis. Il a en outre publiquement dénoncé la corruption au sein de l’Autorité palestinienne, au risque de...