« C’est une déception de perdre de cette façon et ce n’est pas normal », enrageait Angel Marcos, alors que le directeur sportif Robert Budzynski avait dénoncé la semaine précédente « un mauvais état d’esprit » et une « dispersion palpable ».
Les sources proches du club parlent d’une cassure entre le technicien argentin et une partie des joueurs, qui n’ont plus à cœur de jouer pour lui. Ce que réfute Marcos : « Ce qui est inquiétant, c’est que les joueurs les plus chevronnés ont été les moins rassurants. La révolte, il y en a qui sont plus aptes à la manifester verbalement que dans les faits. Mais il est faux de dire que les joueurs sont déjà en vacances. »
« Jeu à la nantaise » en péril
Mais les rumeurs sur le départ du technicien sont relancées : le nom de Guy Lacombe (Sochaux) a déjà circulé. Nommé fin décembre 2001 pour succéder à Raynald Denoueix, limogé pour mauvais résultats (une première au FCNA), Angel Marcos, venu à l’époque de Lorient (alors en L1), a toujours eu du mal à trouver ses marques dans « la Maison jaune », dont il avait pourtant été l’un des attaquants dans les années 70. À son arrivée, les Canaris avaient mal digéré son discours musclé, tranchant avec la méthode feutrée de Denoueix, l’éducateur-protecteur. Cette saison, après un début de saison sans souci, les mauvais résultats se sont enchaînés, Nantes ne gagnant plus à la Beaujoire entre le 14 septembre et le 16 novembre. Au cours de cette période, Marcos avait d’ailleurs été accusé de tuer le « jeu à la nantaise », marque déposée du club.
Après un 4-1 encaissé le 28 septembre à la Beaujoire face à Auxerre, le défenseur Nicolas Gillet tançait son entraîneur : « On n’a pas d’idée de jeu. On part dans un match sans savoir où on veut aller (...) On ne se regroupe pas autour d’une idée forte. » « Coach Vahid », lui aussi ancien attaquant nantais, était alors favori pour entraîner Nantes, avant de s’engager finalement en faveur de Rennes. Et Marcos redorait le blason des Canaris avec un 3-4, 1-2 reposant sur les joueurs formés au club. Mais avec le printemps, le jeu des Bretons s’est à nouveau délité. Et l’avenir de Marcos devient flou.
Départs en masse ?
Du côté extrasportif, le futur financier du club – à long terme – reste en suspens. Les gains de la Ligue des champions après le titre en 2001 (estimés à 29 millions d’euros) sont déjà oubliés. Le journal L’Équipe a annoncé un déficit d’environ 10 millions d’euros. Ce que nie le président Jean-Luc Gripond, répliquant dans le quotidien régional Presse Océan que la masse salariale avait déjà été baissée.
Selon le dirigeant, le club avait fait le vœu la saison passée que les ventes de joueurs rapportent de 10 à 12 millions d’euros en trois ans (ce qui laisse donc deux ans encore pour y arriver). Le président compte sur la valeur marchande de joueurs comme Mickaël Landreau, Sylvain Armand, Mathieu Berson, Mario Yepes et Éric Djemba. Tous ne partiront peut-être pas. Mais, Nantes, souvent cité comme un exemple de stabilité (avec une 40e saison consécutive en L1, un record en France), risque de vivre son pire cauchemar, devenir un « club comme les autres » (expression de Marcos quand il était dans l’œil du cyclone fin septembre) avec un effectif fluctuant au rythme des saisons.

