Le président russe, Vladimir Poutine, accueille à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche matin des dizaines de chefs d’État et de gouvernement à Saint-Pétersbourg, transformant pour quelques dizaines d’heures sa ville natale en capitale du monde.
Il s’agit cependant plus d’une fête et d’une réunion de la famille internationale après la crise irakienne que d’une séance de travail d’où pourraient sortir des décisions importantes, s’accordent à penser des analystes russes et étrangers. Il n’empêche, près de douze ans après les convulsions qui ont précédé et suivi la désintégration de l’URSS, en réunissant une brochette impressionnante de leaders mondiaux, du président chinois Hu Jintao à son homologue américain George W. Bush, en passant par les autres leaders du G8 et de l’Union européenne élargie, M. Poutine inscrit à son palmarès un succès diplomatique indéniable. De quoi renforcer encore, s’il en était besoin, ses chances de se faire confirmer en mars prochain pour un second mandat présidentiel.
Cet objectif a été également servi, auprès de l’opinion publique russe, en majorité antiaméricaine, par son opposition, aux côtés de Paris et de Berlin, à l’opération de Washington en Irak. Mais en même temps, les Américains ont paru beaucoup moins fâchés contre le Kremlin que contre l’Élysée et, selon toute vraisemblance, l’entretien du président russe avec M. Bush, dimanche, devrait confirmer leur bonne relation personnelle. Cela malgré l’épine douloureuse du nucléaire iranien, aidé par Moscou et soupçonné par Washington de servir des objectifs militaires. Cet entretien sera le dernier d’une série de sommets qui a commencé mardi avec la visite du président chinois et se poursuivait hier avec la réunion de l’Organisation de la coopération de Shanghai, un forum aux contours assez imprécis, mais dont Moscou compte faire un instrument de sa présence en Asie centrale face à l’installation de forces américaines.
Vient ensuite, aujourd’hui, une rencontre informelle des dirigeants de la Communauté des États indépendants (CEI – ex-URSS moins les pays Baltes) et, demain, le sommet Russie-UE, événement central du tricentenaire de la « fenêtre sur l’Europe » qu’a toujours été pour la Russie la ville fondée par Pierre le Grand. L’entretien Poutine-Bush dimanche matin sera presque un prologue de la réunion du G8 à Évian en France, où les deux leaders se rendront chacun à bord de son avion.

