En fait, l’entreprise libanaise, née en janvier dernier, assurera une grande partie de sa production pour la société installée au Canada où les coûts et la fiscalité sont plus élevés. Farid Schoucair et son associé, Ziad el Kadri, suivent ainsi l’exemple de certaines entreprises du secteur informatique qui ont choisi de délocaliser au Liban une partie de leur production de logiciels tout en conservant en Europe ou aux États-Unis les services commerciaux.
L’idée est de profiter de la main-d’œuvre qualifiée qui est disponible au Liban dans certains secteurs, mais y trouve rarement des emplois, comme les ingénieurs informatiques ou les dipômés des écoles de design.
Le but est aussi de profiter de coûts de production moins élevés, ainsi que d’une fiscalité plus avantageuse. « La création d’un site Web avec une base de données coûterait environ 40 000 dollars au Canada, contre le tiers voire la moitié au Liban », explique Farid Schoucair pour motiver sa décision. « Je vais ainsi m’adresser à la clientèle canadienne et américaine avec la même qualité de produits, mais à des prix plus compétitifs. » À terme, la société compte desservir d’autres marchés, comme les Émirats, la France ou l’Allemagne. Cet avantage en termes de coûts, s’accompagne tout de même de quelques inconvénients, comme la nécessité de gérer les délais, beaucoup plus élastiques au Liban qu’au Canada.
De plus, « les douanes canadiennes pourraient bloquer les colis en provenance du Liban, en raison de la réputation du pays, ce qui retarderait les délais de livraison des travaux d’impression réalisés ici ».
La société qui reste au Canada ne peut pas tout sous-traiter au Liban. Même si elle a réduit ses effectifs de moitié pour accompagner la délocalisation, elle continuera d’assurer certains types de services, comme la création de dessins animés dont la production ne serait pas compétitive au Liban.
« Les seuls Libanais qui travaillent dans ce domaine sont soit installés à l’étranger soit trop chers s’ils sont au Liban, car ils ne sont pas soumis à la concurrence », explique Farid Schoucair.
Outre les services commerciaux, la création artistique restera aussi au Canda, car elle est inhérente au marché visé, ajoute-t-il : « Le style est lié à un environnement. »
Metaforms compte parallèlement se développer sur le marché libanais où les deux associés ont déjà acquis une certaine expérience à leur sortie de l’université. Ils ont fait partie de la première promotion de design de l’AUB, en 1996.
« Notre première société s’appelait Design communiqué. Nous avons travaillé pour Solidere, l’hôpital Trad, le cente Dunes, etc. »
Le concept de l’entreprise était déjà le même que celui de Metaforms : offrir au client tout ce qui permet de positionner son image, du logo à la carte de visite en passant par la signalétique ou le site Internet.
« Notre cible, c’est ce qu’on appelle le “below the line”. Nous trouvons des moyens créatifs et efficaces pour des petits budgets », explique Farid Schoucair.
S.R.

