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Chine Pékin et Hong Kong peinent à dénouer la crise politique

Le gouvernement chinois et le chef de l’Exécutif de Hong Kong Tung Chee-hwa, attendu à Pékin demain, sont en difficulté pour dénouer la crise politique dans la région administrative spéciale, alors qu’ils ne veulent pas donner l’impression de céder à la pression de la rue, estiment des experts.
L’annonce du voyage de M. Tung dans la capitale chinoise a suivi la démission de deux membres de son gouvernement, Regina Ip, secrétaire à la Sécurité, et Antony Leung, celui aux Finances, deux semaines après une manifestation d’un demi-million de personnes contre une loi antisubversion perçue par les Hongkongais comme une menace pour les libertés.
« Tung Chee-hwa et le gouvernement chinois sont dans une position très délicate depuis le 1er juillet », constate Gilles Guiheux, du Centre d’études français sur la Chine contemporaine, basé à Hong Kong.
Un an après avoir confirmé le chef de l’Exécutif dans ses fonctions pour un deuxième mandat de cinq ans, les dirigeants chinois ne peuvent pas se débarrasser de lui, en tout cas dans l’immédiat.
« Cela ne serait pas bénéfique pour le maintien de la stabilité et le développement de Hong Kong », selon Jia Qingguo, de l’Institut des relations internationales à l’Université de Pékin.
« Même si Pékin ne soutient pas M. Tung, le gouvernement chinois ne peut pas le laisser tomber maintenant », estime aussi Kou Chien-Wen, un expert de la Chine à l’Institut des relations internationales de Taipei.
Selon lui, « cela conduirait à une perte d’influence de Pékin à Hong Kong en montrant que la Chine doit céder à la pression de l’opinion publique » alors que de nombreux manifestants ont demandé la démission du chef de l’Exécutif, également jugé responsable de la mauvaise performance économique de l’ancienne colonie britannique.
« On sait bien que les décisions sont prises à Pékin mais le gouvernement chinois ne peut pas le dire, sinon il perd la face à Hong Kong et aussi à Taïwan, ce qui est très important aux yeux de Pékin », selon M. Guiheux, qui explique que « la crise politique à Hong Kong est du pain béni pour le président taïwanais Chen Shui-bian et son Parti démocrate progressiste (DPP) qui étaient en mauvaise posture pour les élections de l’année prochaine ».
Pour désamorcer la crise, Pékin n’est pas prêt pour autant à renoncer à faire voter l’article 23 de la loi fondamentale, selon M. Jia de l’Université de Pékin qui déclare : « L’attitude du gouvernement chinois par rapport à cette loi n’a pas changé et ne changera pas. La Chine ne peut pas laisser certaines personnes, comme les forces pro-indépendantistes à Taïwan ou le Falungong utiliser Hong Kong pour saper le pouvoir de l’État. »
Suite aux manifestations, M. Tung avait consenti à amender le projet de loi, supprimant notamment une disposition permettant l’interdiction à Hong Kong des organisations illégales en Chine communiste, avant de repousser la date du vote.
En l’absence d’élections au suffrage universel et alors que les dirigeants chinois s’appuient à Hong Kong sur les milieux d’affaires, Pékin va insister sur la nécessité de relancer une économie locale trop dépendante de l’immobilier, dont les prix se sont effondrés.
« Pékin va dire que Hong Kong est une capitale économique et que c’est sur ce plan qu’il faut agir », tout en « diabolisant les démocrates, accusés de manipuler l’opinion publique », selon M. Guiheux.
Le gouvernement chinois et le chef de l’Exécutif de Hong Kong Tung Chee-hwa, attendu à Pékin demain, sont en difficulté pour dénouer la crise politique dans la région administrative spéciale, alors qu’ils ne veulent pas donner l’impression de céder à la pression de la rue, estiment des experts.L’annonce du voyage de M. Tung dans la capitale chinoise a suivi la démission de deux membres de son gouvernement, Regina Ip, secrétaire à la Sécurité, et Antony Leung, celui aux Finances, deux semaines après une manifestation d’un demi-million de personnes contre une loi antisubversion perçue par les Hongkongais comme une menace pour les libertés.« Tung Chee-hwa et le gouvernement chinois sont dans une position très délicate depuis le 1er juillet », constate Gilles Guiheux, du Centre d’études français sur la...