Mme Julie Gerberding en visite en Asie a également cité le Cambodge parmi les pays de la région où le virus VIH progresse de manière alarmante. Elle a félicité la Thaïlande dans sa lutte pour contrôler l’épidémie mais « dans certains pays, a-t-elle dit, comme le Cambodge, la Chine et l’Inde, des mesures de santé publique restent à prendre ». « L’épidémie est encore dans une phase de progression très, très rapide. Cela ressemble à l’Afrique il y a dix ans. Si nous n’intervenons pas sur ces environnements, nous aurons une catastrophe avec une hausse très, très importante du nombre de cas », a-t-elle ajouté.
L’avertissement de Mme Gerberding n’est pas nouveau, mais il pourrait aider l’Asie à recentrer ses efforts sur le sida après l’épidémie de pneumonie atypique. Le SRAS a fait plus de 800 morts cette année, pour l’essentiel en Extrême-Orient, mais le sida a tué 25 millions de gens dans le monde au cours des deux dernières décennies. Le secrétaire américain adjoint à la Santé, Jack Chow, qui accompagne Mme Gerberding, a estimé que le virus du sida pourrait contaminer 80 millions de gens d’ici à la fin de la décennie rien qu’en Chine, Inde, Russie, Éthiopie et Nigeria.
Par ailleurs, des centaines de policiers et d’hommes de main ont attaqué de nuit un village ravagé par le sida dans la province du Henan (centre de la Chine) où ils ont tiré les habitants de leur lit avant d’arrêter 13 personnes. Selon la police locale, les villageois arrêtés, qui ont été placés au centre de détention du district avaient attaqué des bâtiments du gouvernement, de la police et du Parti communiste et commis des vols. Selon certains habitants, des paysans s’étaient rendus à plusieurs reprises au chef-lieu du district pour réclamer une allocation équivalente à 200 yuans (24 dollars) par mois promise par les autorités aux malades du sida afin d’acheter des médicaments. Pékin avait admis en 2001 le scandale du sang contaminé dans la province du Henan, dont les autorités ont collecté, de 1985 à 1995, le sang des paysans contre rémunération en prélevant le plasma et en réinjectant le reste après l’avoir mélangé à celui d’autres donneurs. Le Henan compte aujourd’hui des centaines de milliers, voire un million de séropositifs.


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