Le président de la commission d’organisation des compétitions de la Fifa, l’Américain Chuck Blazer, visiblement choqué, a confirmé hier que « le Cameroun a exprimé son souhait de disputer la finale ». « Nous apprécions ce que cela veut dire. Pour cela, nous avons modifié certains aspects du programme. Toute la partie spectacle, comme la cérémonie de clôture, a été supprimée. Tout ce qui n’est pas pur football a été abandonné », a annoncé M. Blazer.
« Rencontrer la fragilité de la vie humaine dans son expression la plus frappante est vraiment très choquant. Je tiens à rendre hommage au comportement très professionnel de tous ceux qui sont intervenus lors de cette tragédie à Lyon », a poursuivi M. Blazer.
« Mort dans son jardin »
Évoquant par ailleurs les spéculations sur les causes de la mort du joueur camerounais et sur l’influence éventuelle des matches à répétition en période de canicule, M. Blazer a rappelé « qu’un joueur qui évolue à Manchester City est suivi sur le plan médical. On ne peut pas spéculer à ce niveau-là ».
« Dans d’autres pays, on joue également tous les trois jours et les entraîneurs ne s’en plaignent pas, a estimé le président de la Fédération française (FFF), Claude Simonet. Il ne faut pas chercher à faire un procès d’intention à cette compétition. Aux Jeux olympiques, il y a aussi répétition des efforts. Tout a été fait pour préserver la santé des joueurs. Le football n’est pas exempt des drames de la vie courante », a ajouté le président Simonet en rappelant que « Marc-Vivien Foé est mort dans son jardin à Lyon. C’était un des nôtres. Et quand on s’en va comme ça, cela nous rend tristes et humbles ».
Les joueurs du Cameroun n’ont pas été mis au courant de la gravité de l’état de santé de leur coéquipier avant la fin de la rencontre, a également précisé M. Blazer.
Profondément choqués, ils ont demandé et obtenu l’autorisation exceptionnelle d’arborer le nom de Marc-Vivien Foé sur leur maillot lors de la finale, demain au Stade de France, contre la France.
Les Colombiens très affectés
Les joueurs colombiens étaient d’autant plus affectés hier par la mort du Camerounais Marc-Vivien Foé, que sept d’entre eux ont déjà vécu un drame similaire en Colombie, lorsque deux de leurs coéquipiers avaient été foudroyés sur le terrain. Herman Gaviria et Giovanny Cordoba avaient été mortellement touchés par la foudre lors d’un entraînement du Deportivo Cali au cours duquel un violent orage avait éclaté, en octobre 2002. « Évidemment c’est difficile à comprendre. (...) La seule consolation que l’on puisse avoir c’est que tous trois sont morts en faisant ce qu’ils aimaient. Je pense à la famille et aux enfants de Foé », a-t-il ajouté. Avec émotion, Hernandez a également évoqué l’après-match, lorsque les joueurs colombiens ont rejoint les Camerounais « afin de partager leur peine ». « C’est une tristesse immense », a-t-il résumé. Quant à la petite finale contre la Turquie, ce soir à Saint-Étienne, le joueur colombien n’a pas souhaité en parler : « Je pense plus au Cameroun. Je ne sais pas comment ils vont pouvoir jouer la finale. C’est difficile. Nous avons vécu cette épreuve. Nous devions jouer après le drame le traditionnel derby contre l’America de Cali et nous avions hésité pendant cinq ou six jours avant de nous décider. Eux n’ont pas de temps pour choisir. » Les joueurs du Deportivo Cali avaient finalement accepté de disputer cette rencontre, remportée 2-1 « par amour-propre, bien que physiquement et psychiquement nous étions mal », se rappelle Hernandez, qui aimerait voir le Cameroun remporter la Coupe demain. « Si la France gagnait, ça n’aurait pas la même saveur. Ils (les Camerounais) peuvent la gagner par amour-propre », a-t-il estimé.

