La ville de Bunia, où des affrontements interethniques ont fait des centaines de morts depuis mai dernier, est donc entrée dans le premier jour de l’opération « Bunia sans armes ».
L’expiration de l’ultimatum a été annoncée par le colonel Gérard Dubois, le porte-parole de la Force internationale, sous commandement français, qui a commencé à se déployer après ces dernières explosions de violences ayant essentiellement touché les civils.
Cette interdiction sur les armes « visibles » à Bunia devait initialement entrer en vigueur mardi en fin de matinée. Mais elle avait été repoussée jusqu’à hier.
L’ultimatum avait été lancé samedi par la force multinationale, dont le mandat délivré par l’Onu prévoit qu’elle protège les civils et le personnel humanitaire, mais seulement dans l’enceinte de Bunia et de son aéroport.
Elle ne peut donc pas intervenir dans le reste du district très troublé de l’Ituri, où quelque 50 000 personnes ont été tuées et 500 000 forcées à se déplacer depuis 1999 en raison des violences interethniques entre groupes armés Hemas (minoritaires) et Lendus (majoritaires). Ces affrontements sont souvent attisés par l’Ouganda, le Rwanda ou le gouvernement de Kinshasa.
Les rebelles de l’Union des patriotes congolais (UPC, proche du Rwanda), la petite rébellion contrôlant la ville, ont reçu la permission de conserver une garde armée de 30 hommes dans leur quartier général à Bunia.
Mais ces hommes ne pourront pas se promener en ville avec leurs armes.
Le porte-parole de la force a ajouté que des rebelles de l’UPC, dont il n’a pas précisé le nombre, seraient escortés par des soldats de la force en dehors de l’agglomération.
Selon lui, le chef de l’UPC Thomas Lubanga « n’a pas fait de demande » à la force internationale pour avoir des garanties supplémentaires concernant sa sécurité.

