En guise d’expérimentation, le quintuple champion du monde est sorti au premier tour, comme au Mondial 66 et à la Copa America 87. Avec un médiocre bilan d’une défaite contre le Cameroun (0-1), une courte victoire face à une équipe très faible, les États-Unis (1-0), et un nul contre la Turquie (2-2).
Celle-ci disputera la demi-finale contre la France grâce à une meilleure attaque alors qu’elle avait été battue deux fois par le Brésil au Mondial 2002, dont elle avait fini troisième. Pour sa première compétition officielle depuis qu’il a succédé à Luiz Felipe Scolari en janvier, le sélectionneur Carlos Alberto Parreira s’était privé de la plupart de ses stars, comme Ronaldo, Roberto Carlos (laissés à la disposition du Real Madrid) ou Rivaldo.
Ainsi, sur vingt-trois joueurs, seuls six avaient disputé le Mondial 2002 (plus Emerson, blessé juste avant) et quinze évoluent en club au Brésil. En outre, deux jeunes extrêmement prometteurs, Diego et Robinho, n’étaient pas retenus tandis que l’attaquant Luis Fabiano, blessé, n’a pas pu jouer.
La semaine passée, Parreira affirmait que cette Coupe était un excellent terrain d’observation pour tester certains jeunes, mais aussi qu’il comptait bien ramener le trophée. Lundi soir, le constat d’échec était patent pour le sélectionneur vainqueur du Mondial 94.
Zagallo positive
Ce sont avant tout les deux premiers matchs qui ont coûté sa tête au Brésil. Face au Cameroun, il a produit un jeu lent, sans cohérence et jamais inspiré.
Il a été légèrement meilleur contre les États-Unis mais n’a pu marquer plus d’un but à la sélection la plus faible du tournoi avec la Nouvelle-Zélande, ce qui lui aurait permis d’être qualifié malgré le nul de lundi.
« Le match contre les États-Unis a fait toute la différence », a ainsi analysé le mythique Mario Zagallo, ex-sélectionneur aujourd’hui coordinateur technique.
Paradoxalement, la première mi-temps contre la Turquie a été la meilleure du Brésil, avec Ronaldinho placé pour la première fois derrière les deux attaquants.
Mais en deuxième période, les Auriverde ont payé la débauche d’énergie des jours précédents, puisque leur défaite initiale a empêché tout turn over. Ainsi, huit des titulaires de lundi l’étaient pour la troisième fois en cinq jours, dont l’axe Dida-Lucio-Emerson-Ronaldinho.
Bien que la Coupe des confédérations soit une compétition mineure, certains jeunes internationaux devraient faire les frais de cette campagne catastrophique. « Nous devons continuer à travailler pour les qualifications du Mondial-2006, qui commenceront en septembre », a reconnu Ronaldinho.
Mauvaise foi ou conviction profonde, Zagallo, lui, s’est débrouillé pour positiver :
« Perdre n’est pas forcément mauvais. Cette Coupe était un champ d’observation et de ce point de vue là, la victoire n’apporte pas grand-chose. » Si perdre c’est apprendre, alors le Brésil a effectivement reçu une grande leçon en France.

