« Les gens communient ensemble autour de l’histoire du Tour, des champions, des paysages », note Jean-Marie Leblanc en soulignant que l’essentiel, au-delà de la compétition sportive, tient à la « dimension sociale et humaine du Tour de France ».
« Je suis fier d’être le responsable de ce monument, de ce morceau de patrimoine qui apporte aux gens du bonheur, qui les amène à se parler, à se réconcilier pendant un temps, à bien vivre ensemble, à oublier leurs différences, à applaudir ensemble les mêmes gars. Il y a tellement de chaleur », déclare Jean-Marie Leblanc.
Interrogé sur la responsabilité du Tour de France dans la bonne marche du cyclisme français, son directeur évoque les investissements faits (soutien aux centres de haut niveau et pôle France, organisation de compétition de jeunes, etc). « Nous avons conscience que demain il faudra encore des coureurs français et, pour avoir des coureurs, la fédération n’est pas riche. Alors, le Tour doit investir dans son sport », répond Jean-Marie Leblanc en reconnaissant toutefois qu’une partie des revenus du cyclisme est réinvesti par sa société (ASO) dans d’autres sports.
« Le cyclisme a failli crever »
« Qu’on nous propose des choses qui justifient un investissement plus important et on verra. Il ne s’agit pas de donner à fonds perdus des millions d’euros pour des cadets ou des juniors ! Il faut quand même relativiser les choses et les responsabilités du Tour. On ne va pas tout faire à la place de la Fédération. On nous accuserait d’être “impérialistes”... », relève le directeur du Tour.
« En 1998, le cyclisme a failli crever. Inutile de vous dire que dans les deux ans qui ont suivi, l’actionnaire a légitimement dit : il faut se développer. Sous-entendu, si un jour le cyclisme se casse la figure, il faut que nous ayons d’autres cordes à notre arc. Donc, le groupe (Amaury) a investi dans le golf, dans le cheval, etc. », explique Jean-Marie Leblanc en estimant cette démarche « normale ».
Dans ce hors-série alléchant, une belle place est accordée aux articles des anciens journalistes du quotidien communiste (« Pendant des années, la voiture de L’Huma fut toujours la plus applaudie », se souvient Émile Besson) et aux textes d’écrivains sur le Tour. Aragon côtoie Blondin, Jarry voisine avec Nucera au fil des pages du numéro spécial, sans concessions pour la plus grande épreuve du monde. Selon la formule de Jean-Emmanuel Ducoin, responsable de ce numéro, « le Tour de France reste un monde en réduction qui crée des personnages à sa démesure ».
Le Tour existera encore dans 100 ans pour 3 Français sur 4
Le Tour de France auara encore lieu dans cent ans pour près de trois Français sur quatre, selon un sondage Louis-Harris publié par le mensuel Vélo Magazine à quelques jours du centenaire de la plus grande épreuve cycliste du monde. À la question « D’après vous, le Tour de France existera-t-il toujours dans cent ans ? », 73 pour cent des sondés apportent une réponse positive contre 22 pour cent d’avis négatifs. Le sondage montre que le Tour de France est l’évènement sportif le plus connu en France (91 %) devant le tournoi de tennis de Roland-Garros (90 %), le rallye Paris-Dakar auto-moto (90 %), le championnat du monde de Formule 1 (85 %) et la Ligue des champions de football (83 %).
Il est vrai que 76 pour cent de la population interrogée a déclaré avoir déjà vu passer la course.
En ce qui concerne l’intérêt apporté aux compétitions, la Grande Boucle (42 % de gens beaucoup ou assez intéressés) fait sensiblement jeu égal avec Roland-Garros (42 %), la Ligue des champions de football (41 %) et le Tournoi des six nations (39 %). Pour incarner le Tour, 16 pour cent des sondés désignent Bernard Hinault, l’un des quatre détenteurs du record de victoires.
Le Breton, dernier vainqueur français de l’épreuve (1985), devance l’Américain Lance Armstrong, vainqueur des quatre dernières éditions (14 %), et l’inusable Raymond Poulidor qui a été désigné par 10 pour cent des sondés bien qu’il n’ait jamais porté le maillot jaune.
Sondage réalisé les 29 et 30 avril par téléphone auprès d’un échantillon de 1 052 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.


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