M. Kurth se fait ainsi le porte-parole des dirigeants espagnols et anglais. Le championnat d’Espagne se termine en effet le 22 juin, soit en même temps que la première phase de la Coupe des confédérations.
Le Real Madrid, à la lutte pour le titre avec la Real Sociedad, a tourné la difficulté en faisant jouer toute son influence pour conserver ses Français Zinédine Zidane et Claude Makelele ainsi que ses Brésiliens Ronaldo et Roberto Carlos.
Ces quatre vedettes ne joueront pas en France.
En Angleterre, malgré la diplomatie des entraîneurs des équipes nationales, la grogne est également de rigueur. Les Anglais ont en effet terminé leur championnat depuis près d’un mois, et la préparation de leurs internationaux devra être prise sur leurs congés, ce qui influera peut-être sur leurs performances à la reprise de la Premier League.
« Règlement majeur »
« La libération des joueurs pour les matches de l’équipe nationale est un règlement majeur de la Fifa et il doit être respecté. Par ailleurs, les dates de la Coupe des confédérations entrent dans le créneau réservé aux compétitions de la Fifa dans le cadre du calendrier international harmonisé adopté en août 2000, ce qui laissait largement le temps aux fédérations de préparer le calendrier de leur championnat 2002-03 », répond Joseph Blatter, le président de la Fédération internationale (Fifa). La Fifa a quand même lâché du lest en ramenant de 14 à 5 jours le délai de mise à disposition des joueurs.
Par ailleurs, répondant à ceux qui s’interrogent sur l’utilité d’une telle compétition, Michel Platini, vice-président de la Fédération française (FFF) et membre du comité exécutif de la Fifa, souligne que « cette compétition a été créée par la Fifa pour répondre à une demande des confédérations qui ont rarement l’occasion de rencontrer les nations les plus fortes dans un tournoi officiel. »
Le sélectionneur français, Jacques Santini, ancien entraîneur de club, a donné l’exemple en faisant preuve d’une grande diplomatie lors de sa tournée des clubs employant des internationaux français.
Il a ainsi réussi à « sauver » plusieurs cadres de sa formation, un effort indispensable pour assurer le succès d’un tournoi se déroulant en France. Mais Thomas Kurth ne cache pas que le problème est loin d’être réglé, au moins sur le plan financier.
« Les clubs prêtent leurs joueurs, mais ils ne reçoivent rien. Or, un joueur de haut niveau coûte entre 4 000 et 5 000 euros par jour au club. Faites le calcul ! » annonce-t-il.
Les grands absents
Les deux derniers champions du monde, le Brésil et la France, fournissent le lot le plus important de joueurs de renom qui ne participeront pas à la Coupe des confédérations soit en raison du choix des sélectionneurs, soit pour cause de blessure. Le nouveau sélectionneur brésilien, Carlos Alberto Parreira, a ainsi décidé de laisser au repos Rivaldo, auteur d’une saison décevante avec le Milan AC, et le milieu défensif Gilberto Silva, éprouvé par une longue saison à Arsenal. Par ailleurs, un autre champion du monde, Roque Junior (Milan AC), a dû déclarer forfait sur blessure. Mais la décision la plus spectaculaire concerne les deux joueurs les plus en vue au dernier Mondial, Ronaldo, meilleur buteur, et l’arrière gauche Roberto Carlos, tous deux laissés à la disposition du Real Madrid. Un choix identique a d’ailleurs été effectué par le sélectionneur français Jacques Santini, qui n’a pas retenu les Madrilènes Zinédine Zidane et Claude Makelele.
L’absence du meneur de jeu français s’ajoute à celle de trois autres anciens champions du monde 1998, qui vont passer leurs vacances à se soigner : Emmanuel Petit (Chelsea), Patrick Vieira (Arsenal) et David Trezeguet (Juventus). Placé dans la même situation que Parreira et Santini, le Turc Senol Gunes a tout de même convoqué Nihat et Tayfun de la Real Sociedad. Mais les deux joueurs ne rejoindront l’équipe turque avant la fin du championnat d’Espagne, le 22 juin, que si le club de Saint-Sébastien s’assure le titre dès ce week-end. Par ailleurs, le Japon, dernier finaliste de la Coupe des confédérations, en 2001, déplore l’absence sur blessure de Shinji Ono, le milieu du Feyenoord Rotterdam.

