« Les socios peuvent avoir honte », a résumé le candidat et entrepreneur Jaime Llaurado à propos d’une campagne où il côtoie aussi les entrepreneurs Josep Martinez-Rovira et Jordi Majo, ainsi que l’ancien agent et commentateur radio Josep Maria Minguella. « La moitié de la planète football a été annoncée au FC Barcelone. Chacun fait de la surenchère mais personne n’explique comment il va payer », explique un journaliste catalan. Malgré la crise, chaque candidat a joué le jeu des effets d’annonce pour tenter de s’attacher les votes des 95 000 socios (abonnés) et Laporta a signé un « coup » médiatique en arrivant à un accord de principe avec Manchester United, mais pas avec le joueur, pour engager David Beckham.
Les autres candidats n’ont toutefois pas été en reste, annonçant Van Nistelrooy, Makaay, Casillas, Nihat, Rustu, Lucio, Deco, Crespo, Vieri ou Chivu... sans compter les entraîneurs Ronald Koeman, Klaus Toppmoeller ou Johan Neeskens.
Assainissement
Battu par Joan Gaspart lors du scrutin de 2000, Lluis Bassat, publicitaire mondialement reconnu, propose de professionnaliser la gestion du club et compte s’appuyer sur d’anciennes gloires locales, comme Josep Guardiola, au poste de directeur sportif. Il prône notamment des économies salariales et un plan d’assainissement de la dette, estimée à 230 millions d’euros en raison de recrutements onéreux, de comptes peu transparents et d’une fréquentation moyenne en baisse du Camp Nou. Son principal rival devrait être Laporta, qui figurait sur sa liste en 2000. Troisième dans les premiers sondages, derrière Llaurado, l’avocat est devenu la coqueluche des médias depuis l’épisode Beckham. Il veut faire entrer le Barça dans l’ère moderne du marketing. Laporta a ainsi mis en cause, sans le réfuter, un des dogmes du club : pas de publicité sur les maillots.
Llaurado, très bien implanté parmi les vieux socios et au fait des pratiques de couloirs du club, fait aussi figure de poids lourd. En revanche, Majo, Martinez-Rovira ou le sulfureux Minguella ont très peu de chances malgré leurs déclarations tapageuses. Le nouveau président devra relancer un club plongé dans une des plus graves crises de son histoire. Le Barça, actuel 7e de la Liga, risque de ne pas se qualifier pour la Coupe de l’UEFA et n’a pas remporté de titre depuis 1999 (champion d’Espagne). Quatre entraîneurs s’y sont succédé en trois ans.

