Cela fait trois ans que Bentley a décidé de revenir au Mans pour retrouver une image acquise avec les prémices de cette course vieille de 80 ans. Tradition oblige, Bentley sans Le Mans ne serait pas Bentley, même si la réciproque est aussi vraie.
Les essais ont confirmé l’a-priori favorable quant à la vitesse des Bentley Speed 8 : elles ne semblent pas avoir été affectées par la nouvelle réglementation imposant des brides d’admission plus petites destinées à diminuer la puissance des moteurs.
C’est donc sur l’aérodynamique que les travaux ont porté car les temps réalisés aux essais sont sensiblement identiques à ceux d’il y a deux ans (position de pointe 2001 en 3 min 32 sec 429 par l’Italien Rinaldo Capello sur Audi R8, en 2003, 3 min 32 sec 843 par le Danois Tom Kristensen sur Bentley), avec une piste légèrement allongée (13,650 km au lieu de 13,605 km).
Maintenance difficile
La Bentley n° 7 de Capello, Kristensen et du Britannique Guy Smith partira donc en pole position, avec à ses côtés la voiture sœur, la n° 8 de l’Australien David Brabham et des Britanniques Mark Blundell et Johnny Herbert. Ces deux autos, les plus véloces sur un tour, possèdent malgré tout un lourd handicap pour gagner les 24 Heures du Mans dans la mesure où leur maintenance est réputée difficile et lente. Le moindre ennui mécanique peut donc avoir des conséquences bien plus pénalisantes que pour les Audi et les Dome Judd. Derrière les deux Bentley en effet, plusieurs voitures sont prêtes à exploiter la moindre opportunité. C’est le cas des trois Audi, privées certes, mais encore bien armées, et des deux Dome Judd. Les avis sont partagés sur les Audi, même si, à l’issue des deux séances d’essais de mercredi et jeudi, le clan des sceptiques a augmenté. Elles vont toujours très vite mais semblent être pénalisées par des petits défauts qu’elles n’avaient pas les années passées, du temps où la maison mère s’en occupait.
Néanmoins, la n° 10 pilotée par Frank Biela (All), Mika Salo (Fin) et Perry McCarthy (G-B), la n° 5 de Seiji Ara (Jap), Jan Magnussen (Dan) et Mark Werner (All), ainsi que la n° 6, confiée à Emanuele Pirro (Ita), JJ Lehto (Fin) et Stephan Johansson (Suè), conservent toutes leurs chances.
Orages
Reste le cas des deux Dome Judd, la n° 15 de Jan Lammers (P-B), John Bosch (P-B) et Andy Wallace (G-B) et la n° 16 de Felipe Ortiz (Sui), Beppe Gabbiani (Ita) et Tristan Gommendy (Fra) : ces deux voitures, équipées de moteurs Judd dérivés d’anciens blocs de Formule 1, sont rapides, mais risquent de ne pas tenir la distance. D’autres écuries ne sont pas loin et pourraient tirer leur épingle du jeu en cas d’infortune des favoris. Les Courage C60 sont ainsi placées en embuscade, que ce soit la n° 13 à moteur Judd de Courage compétition, pilotée par les Français Jonathan Cochet, Stephan Grégoire et Jean-Marc Gounon, ou celles de Pescarolo Sport, la n° 17 de Jean-Christophe Bouillon, Franck Lagorce et Stéphane Sarrazin, et la n° 18 de Nicolas Minassian, Soheil Ayari et Eric Hélary.
Mais selon le contexte météo, cette hiérarchie pourrait être bouleversée. Des orages sont annoncés, ce qui rend les 24 Heures du Mans 2003 très ouverts.

