Les rebelles du LURD qui combattent depuis le 5 juin contre les forces gouvernementales aux portes de Monrovia s’étaient repliés à la périphérie de la ville hier, alors que des négociations à Monrovia et au Ghana ont réussi à arracher un cessez-le-feu aux belligérants.
Dans le centre de Monrovia, partiellement inondé par les pluies diluviennes qui se sont abattues toute la nuit sur la capitale, banques et commerces restaient fermés.
Des milliers de civils chassés par les combats erraient dans les rues à la recherche d’un abri de fortune, ou tentaient de rejoindre le stade Samuel K. Doe (est de la ville), où plus de 5 000 personnes s’entassent déjà sans électricité et eau courante.
Agences des Nations unies et ONG, dont la plupart ont cessé toute opération au Liberia, multiplient les mises en garde contre une crise humanitaire de grande envergure dans la capitale, qui compte déjà plus de 100 000 réfugiés et déplacés de guerre pour une population de 1 à 1,5 million d’habitants.
Le LURD avait lancé dimanche un ultimatum au président Taylor, lui laissant trois jours pour quitter le pouvoir afin d’éviter « un bain de sang ».
Toujours hier, plus de 500 étrangers, essentiellement européens, américains et libanais, évacués lundi de Monrovia par des soldats français, sont arrivés au port d’Abidjan à bord d’un navire militaire.
Ces étrangers résidant au Liberia, de 38 nationalités différentes, avaient été transportés par hélicoptère depuis le quartier des ambassades de la capitale libérienne sur l’Orage, un TCD (Transport de chalands de débarquement), ancré au large de Monrovia dans les eaux internationales.
Pour tenter de désamorcer la crise, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Addo Akufo-Addo, et le secrétaire exécutif de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Mohammed Ibn Chambas, sont arrivés hier à Monrovia pour rencontrer le président Taylor.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine