Les mesures visent notamment à élargir les droits culturels de la minorité kurde, qui compte plus de 10 millions de personnes dans le pays, et à renforcer la liberté d’expression dans le but avoué d’accélérer l’intégration européenne du pays.
Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, considéré avec suspicion par les militaires en raison de ses origines islamistes, a toutefois fait une concession à l’état-major en renonçant à faire voter une loi qui aurait autorisé l’établissement de salles de prière dans les immeubles d’habitation. L’armée, qui se présente comme le garant de la laïcité du pays, à majorité musulmane, craignait qu’une telle initiative ne permette à des groupes islamistes radicaux de mettre en place un système de mosquées parallèles à celles contrôlées par l’État, qui nomme les imams et leur conseille les thèmes de prêche.
Le ministre de la Justice et porte-parole du gouvernement Cemil Cicek a affirmé hier à la télévision que ce projet de loi visait à faciliter les activités des groupes religieux non musulmans, mais avait été abandonné en raison des « préjugés » à l’encontre de son parti.
Les mesures avaient été débattues mardi pendant plus de six heures en Conseil des ministres.
Interrogé sur le rôle de l’armée dans l’élaboration des réformes, M. Cicek a estimé que l’armée est « la seule institution non gouvernementale en Turquie qui prend le temps d’analyser en détail ces questions et d’émettre une opinion ».
Réforme des institutions de l’UE : Bruxelles
contre une « Commission de castrats »
La Commission européenne a émis hier de nouvelles critiques sur le projet de réforme des institutions en cours de finalisation à la Convention sur l’avenir de l’Europe, en mettant en garde contre la création d’une « Commission de castrats » aux pouvoirs amoindris. À l’issue d’un débat entre commissaires européens, le porte-parole du président de la Commission Romano Prodi a fait part de ses « craintes » au sujet du dernier texte sur la table. Celui-ci prévoit notamment la constitution à partir de 2009 d’une Commission resserrée à 15 commissaires désignés sur la base d’une rotation égalitaire entre États membres.
Cette formule reviendrait à priver régulièrement certains « grands » pays, comme la France, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, d’une présence au sein de la Commission dont l’influence et la crédibilité risquent ainsi d’être fortement entamées. Elle est considérée comme une concession de dernière minute aux « petits » pays, qui ont notamment accepté en échange le principe d’un poste stable de président de l’UE, lequel deviendrait un concurrent potentiel du président de la Commission. Un tel système rendrait la Commission « plus faible vis-à-vis du Parlement européen et des États membres », a estimé le porte-parole de M. Prodi. « Ce collège de castrats sera plus faible dans la défense de l’intérêt commun de l’Union européenne », a-t-il ajouté.

