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En marge d’Évian, la légitimité des sommets du G8 en question

Les sommets du G8 sont-ils légitimes ? Après le débat sur la légalité de la guerre en Irak, c’est au tour des réunions annuelles des « maîtres du monde » d’être contestées, non seulement par les altermondialistes, mais par les défenseurs mêmes du système capitaliste.
Les critiques fusent d’un peu partout, y compris parmi les économistes, alors que l’opinion publique ne semble plus convaincue de l’utilité de cette onéreuse « extravagance », instaurée entre les grandes puissances en 1975.
Paradoxalement, les États-Unis, principale puissance des « leaders mondiaux », ont eux-mêmes montré cette année à Évian, en France, le peu d’intérêt qu’ils accordent à ce genre de rencontres censées régler en tête à tête les grands problèmes de la planète.
Faisant fi des forums multilatéraux et engagé dans une politique unilatérale – qui fonctionne sur le principe de coalitions à la carte comme le montre l’exemple de l’Irak –, le président américain George W. Bush a donné le ton en décidant de quitter Évian un jour avant la fin du sommet pour rejoindre le Proche-Orient où l’attendent deux autres sommets.
« Ce départ précipité est une première qui montre le peu de cas que les Américains font désormais de ce type de réunions où beaucoup de choses sont annoncées, mais rares sont celles qui sont suivies d’effet », affirme un diplomate occidental sous couvert d’anonymat.
Mais les critiques ne s’arrêtent pas aux contingences du président américain. Avant la tenue du sommet d’Évian, l’Institut français des relations internatiales (IFRI) a rendu publiques les conclusions d’un groupe d’éminents experts des pays du G8. « Le message est simple : le G8 a perdu de sa légitimité et donc de sa capacité à coordonner les politiques économiques au niveau mondial et ce, au moment précis où un fort besoin de coordination se fait sentir », affirment ces experts. « Il est donc urgent que les pays membres du G8, poursuit le texte, s’attachent à régler leurs propres problèmes, avant que d’adresser des recommandations aux pays non membres », poursuivent-ils.
Évoquant les problèmes qui demeurent non résolus (négociations de Doha, eau, pauvreté, croissance mondiale plus équilibrée pour permettre le développement durable des pays en développement), les experts estiment que c’est à condition d’adopter une « stratégie coordonnée » pour répondre à ces défis que le G8 « pourra remédier à la crise de légitimité et de crédibilité qu’il traverse depuis des années ».
Autre exemple de cette contestation rampante : sous le titre « Une extravagance inutile à Évian », Jeffrey Garten, directeur de la Yale School of Management, a signé il y a quelques jours dans les colonnes du Financial Times un article au vitriol invitant le forum à « mettre la clé sous la porte ».
Il propose une série de réformes dont une représentation unique des futurs 25 membres de l’Union européenne, une participation par rotation des plus importants des pays émergents, et l’implication directe du FMI, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « Mis à part des communiqués soporifiques, les membres du G8 traitent à peine des réformes économiques cruciales qui leur sont nécessaires », affirme-t-il.
« Ces sommets ne sont plus qu’un lointain souvenir de ce qu’ils étaient lorsqu’ils ont été conçus en 1975 (...) et sont devenus un cas d’école de dysfonctionnement bureaucratique et d’absurdité », note cet universitaire qui a occupé des fonctions officielles dans les précédentes administrations américaines.
Dans un éditorial dans son édition du week-end, le Financial Times reprend quelque peu cette thèse à son compte. Titrant « À quoi servent les sommets du G8 ? (What’s the “point” of G8 summits ?) » le quotidien des affaires répond avec ironie : « Il doit sûrement y avoir d’autres raisons que celle qui consiste à dire “parce qu’ils existent”. »
Les sommets du G8 sont-ils légitimes ? Après le débat sur la légalité de la guerre en Irak, c’est au tour des réunions annuelles des « maîtres du monde » d’être contestées, non seulement par les altermondialistes, mais par les défenseurs mêmes du système capitaliste.Les critiques fusent d’un peu partout, y compris parmi les économistes, alors que l’opinion publique ne semble plus convaincue de l’utilité de cette onéreuse « extravagance », instaurée entre les grandes puissances en 1975.Paradoxalement, les États-Unis, principale puissance des « leaders mondiaux », ont eux-mêmes montré cette année à Évian, en France, le peu d’intérêt qu’ils accordent à ce genre de rencontres censées régler en tête à tête les grands problèmes de la planète.Faisant fi des forums multilatéraux et engagé...