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Manolo, el del bombo, infatigable supporteur de l’Espagne

«Manolo, celui du tambour, Valence. Mettez ça sur une enveloppe et le courrier arrive chez moi. Tout le monde me connaît ici », affirme Manuel Caceres Artesero alias Manolo, qui s’est rendu célèbre de la Corée du Sud au Mexique, en passant par l’Angleterre, en encourageant avec son tambour et son énorme béret basque l’équipe espagnole de football partout où elle joue. « Je continuerai jusqu’au bout. Je vois que je fais plaisir aux gens, que je les amuse tout en aidant la “selecion” », affirme à l’AFP Manolo, 54 ans, dont 20 ans à suivre l’Espagne dans tous les coins du monde. Sans être forcément doué pour la musique, Manolo, imposant et jovial, n’a pas son pareil pour entraîner derrière lui et son “bombo” (tambour) une tribune de supporteurs espagnols, des spectateurs coréens ne connaissant rien au football ou encore les clients de son bar, situé juste en face du stade Mestalla de Valence. Le café « El Bombo », que Manolo a baptisé « le musée », vaut le déplacement : les murs y sont ornés d’innombrables photos de Manolo avec des célébrités du monde du football ou du spectacle, des coupures de presse de Manolo dans diverses langues, mais aussi un azulejo (ndlr : un assemblage de carreaux de céramique avec son effigie) de Manolo situé entre la vierge et une sainte... À ses frais Les déplacements répétés de Manolo lui coûtent une moyenne de 3 000 euros par an. « Les gens croient qu’on me paie mais c’est faux. C’est vrai que parfois je peux prendre l’avion avec la sélection espagnole et qu’on m’offre les places pour rentrer dans le stade, mais, en revanche, je paie les hôtels, ma nourriture et souvent l’avion », explique Manolo, dont la femme et ses quatre enfants l’ont quitté en 1987. « J’allais en voiture en Autriche pour un match de l’Espagne, mais j’ai eu un accident. Quand je suis revenu chez moi cinq jours plus tard, l’appartement était vide. Aujourd’hui, je ne vois plus que mon fils cadet, âgé de vingt ans. Je n’ai plus de nouvelles des autres », raconte Manolo. « À ce moment-là, je me suis dit que j’en faisais peut-être trop, mais j’ai décidé de continuer. Les gens aiment bien et moi, c’est quelque chose que j’ai en moi », poursuit Manolo qui s’est depuis remarié avec une femme de 22 ans, habituée à ses infidélités footballistiques. Voir l’Espagne gagner un titre Manolo s’est rendu célèbre lors du Mondial 1982 en assistant à tous les matches de l’Espagne en sillonnant le pays en... auto-stop. « Je me rappelle avoir pleuré parce que je me retrouvais sur la route sans moyens... Mais, à la fin, les gens me connaissaient et me prenaient même avec mon bombo. Ceux qui n’avaient pas de place s’arrêtaient sur le bord de la route pour m’encourager ou s’excuser », se souvient Manolo, qui n’a pas raté un match officiel de la sélection depuis. Son meilleur souvenir est son entretien avec le roi d’Espagne Juan Carlos. « Je devais lui remettre une plaque au nom des supporteurs espagnols, mais j’étais si ému que j’ai perdu mes moyens et je n’ai pas pu parler. » En 20 ans de voyage, Manolo attend toujours de voir l’équipe d’Espagne gagner un titre : « En Corée, on n’est pas passé loin (élimination en 1/4 de finale par la Corée du Sud aux penalties). On aurait dû aller au moins en finale. Au Mexique (1986), on avait la meilleure équipe espagnole que j’ai jamais vue avec Butragueno, Camacho... Mais, on n’a pas eu de chance (défaite en 1/4 contre la Belgique aux penalties). Ce qui manque à l’Espagne, c’est un peu de chance. Un jour, ça sourira. » Et, ce jour-là Manolo, celui du tambour, y sera.
«Manolo, celui du tambour, Valence. Mettez ça sur une enveloppe et le courrier arrive chez moi. Tout le monde me connaît ici », affirme Manuel Caceres Artesero alias Manolo, qui s’est rendu célèbre de la Corée du Sud au Mexique, en passant par l’Angleterre, en encourageant avec son tambour et son énorme béret basque l’équipe espagnole de football partout où elle joue. « Je continuerai jusqu’au bout. Je vois que je fais plaisir aux gens, que je les amuse tout en aidant la “selecion” », affirme à l’AFP Manolo, 54 ans, dont 20 ans à suivre l’Espagne dans tous les coins du monde. Sans être forcément doué pour la musique, Manolo, imposant et jovial, n’a pas son pareil pour entraîner derrière lui et son “bombo” (tambour) une tribune de supporteurs espagnols, des spectateurs coréens ne connaissant rien...