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Des Kurdes tentent l’impossible : déminer l’Irak(photo)

Des équipes kurdes ont entamé le déminage du nord de l’Irak, infesté de mines de l’armée de Saddam Hussein et de bombes à fragmentation de la coalition américano-britannique, dans un des pays les plus minés de la planète, selon des organisations humanitaires. À Senala (nord de l’Irak), neuf démineurs employés par l’organisation britannique MAG (Mines Advisory Group) travaillaient lentement et dans le plus grand calme hier à retirer des mines d’une ancienne position de l’armée irakienne sur l’ex-ligne de front qui coupe la route reliant Erbil et Kirkouk. Ahmed Omar, 31 ans, marié et père de deux enfants, est le chef de cette équipe. Il fait ce travail pour le salaire que l’organisation lui verse. « Avec MAG, je gagne 300 dollars par mois et je peux faire vivre ma famille dans de bonnes conditions », dit ce Kurde placide, qui fait du déminage depuis dix ans. Il y a, selon le responsable kurde du déminage Khalil Aziz Saïda, six lignes perpendiculaires de mines de 150 mètres de long, de part et d’autre de la route. « En tout, il y a plus d’un millier » de mines, dit-il, ajoutant : « Nous en avons déjà déterré plus de 300 ». La tâche, particulièrement dangereuse, est accomplie avec des moyens qui semblent dérisoires : les mines sont repérées avec un détecteur de métaux, puis de longs fils d’acier sont plantés dans le sol pour déterminer le contour de l’engin, qui est ensuite extrait avec des précautions infinies. « L’armée posait une mine antichar avec trois mines antipersonnel », précise Ahmed Omar, engoncé dans son vieux gilet antiéclats de l’armée britannique. Les plus nombreuses découvertes sur le chantier sont de fabrication italienne, précise-t-il, et les secondes irakiennes. Des paysans travaillent dans les champs et des bergers font paître leurs troupeaux de moutons sur les terrains herbeux autour du chantier, délimité par de simples piquets rouges et des fanions de la même couleur. Au Sud, vers Kirkouk, de sourdes explosions retentissent régulièrement. « C’est comme ça tous les jours », explique Ahmed Omar. « Ce sont les Américains qui font exploser les munitions de l’armée de Saddam. Au fond, ils font le même travail que nous », dit-il dans un large sourire. Le déminage « n’a pas fait de victime depuis l’ouverture du chantier, le 3 avril », affirme-t-il. Pourtant à Dohouk, au nord d’Erbil, une équipe de MAG a eu quatre blessés, dont un qui a perdu ses deux jambes, à la fin du mois de février. Les secours prévus en cas d’accident semblent, eux aussi, insignifiants. Burhan Omar, 35 ans, est l’infirmier de l’équipe. Il dispose en tout et pour tout d’un brancard et d’un simple sac de première urgence. En cas d’accident grave, le blessé doit être transporté à l’hôpital à Erbil, à une trentaine de kilomètres au Nord. L’organisation humanitaire Handicap international a estimé récemment que l’on dénombrait chaque jour « plusieurs dizaines de victimes de mines et de munitions non explosées en Irak », où « des centaines de milliers de mines ont été posées au cours des vingt dernières années par l’armée irakienne ». « Les forces anglo-américaines ont par ailleurs déversé au cours des deux derniers conflits des milliers de bombes à sous-munitions, qui dans 5 à 30 % des cas n’explosent pas à l’impact et présentent le même danger que les mines antipersonnel », a-t-elle ajouté. La Campagne internationale pour bannir les mines (ICBL), une ONG lauréate du Prix Nobel de la Paix en 1997, a d’ailleurs dénoncé l’utilisation de mines antipersonnel et celle de bombes à fragmentation, notant que « l’Irak était déjà un des pays les plus minés avant la guerre ».
Des équipes kurdes ont entamé le déminage du nord de l’Irak, infesté de mines de l’armée de Saddam Hussein et de bombes à fragmentation de la coalition américano-britannique, dans un des pays les plus minés de la planète, selon des organisations humanitaires. À Senala (nord de l’Irak), neuf démineurs employés par l’organisation britannique MAG (Mines Advisory Group) travaillaient lentement et dans le plus grand calme hier à retirer des mines d’une ancienne position de l’armée irakienne sur l’ex-ligne de front qui coupe la route reliant Erbil et Kirkouk. Ahmed Omar, 31 ans, marié et père de deux enfants, est le chef de cette équipe. Il fait ce travail pour le salaire que l’organisation lui verse. « Avec MAG, je gagne 300 dollars par mois et je peux faire vivre ma famille dans de bonnes conditions », dit...