La coalition américano-britannique a progressé hier dans son recrutement de troupes européennes pour maintenir l’ordre en Irak, plusieurs nouveaux pays européens ayant donné un feu vert de principe. Après d’autres pays, la Pologne a annoncé qu’elle envisageait d’envoyer « plusieurs centaines » d’hommes. « Je pense que nous pouvons parler de plusieurs centaines de fonctionnaires polonais », a déclaré le ministre polonais des Affaires étrangères, Wlodzimierz Cimoszewicz, en marge d’une réunion de dirigeants européens hier à Athènes. Il a toutefois ajouté que la Pologne n’avait pas « de moyens financiers » pour cette opération. « Ceux qui ont de l’argent » devront payer pour cette opération, a-t-il déclaré. La Grèce a également signalé hier qu’elle était prête à envoyer du personnel militaire chargé de logistique en Irak, à la demande des Américains. Mais elle a posé comme condition que l’opération se fasse sous l’égide des Nations unies, a indiqué hier le ministre grec de la Défense, Yannos Papantoniou. Au cours des réunions européennes avant-hier et hier à Athènes, le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, l’un des plus proches alliés du président américain George W. Bush dans l’UE, s’est employé à rallier d’autres pays à l’idée d’envoyer des troupes. « Nous essayons de rassembler une brigade et tout semble indiquer qu’un certain nombre de pays sont prêts à y contribuer », a déclaré M. Rasmussen mercredi à Athènes. « Je ne crois pas faire de révélations en affirmant que les pays baltes ont manifesté un certain intérêt pour contribuer » à cette force, a-t-il ajouté. M. Rasmussen a eu des contacts avec les dirigeants d’Estonie, d’Espagne, d’Italie, de Lettonie, de Pologne et des Pays-Bas, a rapporté hier le journal danois Politiken. Il a également contacté la Lituanie, qui comme les deux autres républiques baltes, a signé mercredi à Athènes le traité d’adhésion à l’Union européenne, a indiqué le ministre lituanien des Affaires étrangères, Antanas Valionis, interrogé par l’agence de presse Baltic News Service. « La demande porte entre autres sur des troupes de maintien de la paix et de logistique », a dit M. Valionis, qui a ajouté que son gouvernement aurait besoin de deux à trois semaines avant de se prononcer définitivement. Mardi, Anders Fogh Rasmussen avait révélé que les États-Unis avaient demandé au Danemark de diriger une brigade au sein d’une force internationale de stabilisation en Irak. Les États-Unis ont demandé aux Danois de doubler leur contribution prévue, qui était de 380 soldats et 20 à 25 policiers. Selon des sources européennes, le plan américain vise à créer une force de cinq divisions, dont trois seraient américaines et britanniques. Les deux autres seraient partagées parmi les alliés de Washington au sein de l’Otan et de l’Europe élargie. Certains pays, qui se sont opposés à la guerre menée par les États-Unis et la Grande-Bretagne contre l’Irak, n’ont pas été contactés, selon les mêmes sources. Il s’agit en particulier de l’Allemagne et de la France. Hier le ministre turc de la Défense, Vecdi Gonul, a indiqué que son pays avait également été contacté par les États-Unis pour fournir des soldats et des experts civils. Auparavant, plusieurs autres pays européens, qui ont soutenu la campagne américaine contre l’Irak, avaient promis des troupes. Le Parlement italien a autorisé mardi le gouvernement à envoyer un important contingent de militaires et de civils italiens pour contribuer à la reconstruction de l’Irak et à la distribution d’aide humanitaire. « Des unités du génie ferroviaire militaire, des unités d’artificiers, des unités de la marine militaire pour le déminage ainsi que les carabiniers pour protéger et assurer la police militaire » représentent la composante militaire de ce contingent, a expliqué le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, devant le Sénat. La semaine dernière, le Premier ministre portugais Jose Manuel Durao Barroso a affirmé qu’il était prêt à envoyer des troupes. Selon la presse espagnole, l’Espagne envisage également de participer à la gestion de l’après-guerre en Irak, en restructurant son contingent d’un millier de personnes actuellement basé dans la région. Paris dément à nouveau toute livraison illégale de missiles sol-air à l’Irak Le ministère français de la Défense a démenti à son tour jeudi toute livraison illégale de missiles sol-air Roland au régime irakien, mettant en garde contre ce genre d’informations qui apparaissent en période de crise et « qui ne sont pas nécessairement vérifiées ». Mercredi, le ministère des Affaires étrangères avait déjà nié toute exportation illégale de missiles en Irak, contrairement à ce qu’a laissé entendre l’hebdomadaire américain Newsweek. Selon Newsweek, qui cite un officier du renseignement militaire américain, le lieutenant Greg Holms, les forces américaines ont découvert 51 missiles sol-air franco-allemands Roland-2 dans deux bases militaires situées dans l’aéroport international de Bagdad. Un des engins examinés porte le label 05-11 KND2002, ce qui laisse entendre, selon le magazine, qu’il a été fabriqué l’an dernier. « Toutes ces mises en cause, nous les vérifions à chaque fois. Les chaînes de production des Roland-2 ont été arrêtées en 1988-89, et s’agissant des Roland-3 en 1993 », a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau. Les forces américaines retrouvent 25 prisonniers politiques Les forces américaines ont aidé à retrouver vingt-cinq prisonniers politiques irakiens enfermés dans des cellules souterraines dans une banlieue de Bagdad, a affirmé hier Mohammed Mohsen Zoubeidi, le gouverneur autoproclamé de la capitale irakienne. « Nous avons pu les localiser grâce à la coopération de l’armée américaine qui dispose de matériel sophistiqué pour chercher sous terre », a ajouté M. Zoubeidi lors d’une conférence de presse à l’hôtel Palestine, où les Américains ont installé leur quartier général. Le Centcom autorise à nouveau l’usage des téléphones satellites Thuraya Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi avoir autorisé l’usage des téléphones satellitaires Thuraya en Irak, après une interdiction de deux semaines. « Les forces de la coalition avaient interdit l’utilisation des téléphones par le personnel militaire et les journalistes incorporés (avec les troupes) pour des préoccupations de sécurité qui, depuis, ont été réduites », indique un communiqué publié sur le site Internet du Centcom. Il affirme que les journalistes qui voyagent avec les troupes de la coalition américano-britannique « sont désormais autorisés à utiliser ces téléphones à condition qu’ils fournissent certaines informations techniques » au personnel militaire, comme le numéro du téléphone et le nom de l’utilisateur.
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