Il y a deux semaines, ces Marines américains se battaient à travers le désert irakien et avançaient vers Bagdad en craignant une attaque à l’arme chimique. Aujourd’hui, ils prennent des bains de soleil, regardent des films et lisent leur courrier. « Pour le moment, c’est le courrier qui a la priorité absolue. Les Marines se fichent de l’eau ou de la bouffe et laisseraient tout tomber pour une lettre », affirme le lieutenant Maria Mattison. Après un trajet exténuant à travers un territoire dangereux, avec parfois de féroces combats, ces premiers jours à Bagdad ressemblent presque à des vacances. Les responsables de l’approvisionnement ont déballé des caisses de bananes, de pommes et de mandarines, contraste alléchant après le rationnement de la nourriture et le manque d’eau lors de leur marche vers la capitale. Les Marines se dorent au soleil pendant que des techniciens réparent une salle de théâtre touchée par les bombardements américains et où des films d’Hollywood sont désormais régulièrement projetés. Dans cette salle où le président irakien déchu, Saddam Hussein, s’adressait à ses troupes, on peut visionner Austin Powers in Goldmember, We Were Soldiers, Shrek ou encore Triple X. « C’est vraiment drôle de voir 250 adultes, des Marines endurcis au combat, rire à l’unisson en voyant Shrek, un film pour enfants », lance un soldat après la projection. Mais si certains Marines au début de la guerre comparaient leur expérience des combats à des scènes de cinéma, ils sont maintenant des vétérans confirmés et pensent que la violence de Hollywood ne ressemble pas tellement à la réalité. L’un d’eux juge que les scènes de combat dans Triple X « ne sont rien comparées aux engagements » de Nassiriyah, la ville du sud irakien où plusieurs Marines ont été capturés par les Irakiens avant d’être relâchés dimanche. Outre la salle de théâtre, qui sert d’église à l’occasion, des commodités cruciales sont enfin disponibles pour les soldats : eau chaude, douche, blanchisserie et même un terrain de football. Certains font la chasse aux souvenirs. L’un d’eux remplit de terre irakienne des bouteilles vides de sauce piquante distribuées avec les rations alimentaires des militaires. Il jure qu’il pourra les vendre « à prix d’or » une fois de retour. Des portraits géants de Saddam Hussein sont échangés contre des canifs, des boussoles et des casques de base-ball ayant appartenu à la Garde républicaine ou à la police secrète irakienne, alors que des tee-shirts frappés du portrait du « raïs » déchu se troquent désormais contre cinq paquets de cigarettes irakiennes. Mais les Marines savent qu’ils ne peuvent pas lézarder trop longtemps et, avec l’approche de la fin formelle de la guerre, on leur a dit de se tenir prêts à quitter leur nouveau « camp de vacances ». « Les Marines sont connus pour être les meilleures troupes d’assaut au monde. Ils doivent être craints et gagner les guerres », affirme le commandant Gary Gluck. « Leur compétence n’englobe pas les missions humanitaires ou les actions de police, et la fin de leur séjour ici approche », ajoute-t-il. Les six mois de rotation de la plupart de ces Marines expirent en juillet, le mois de retour par bateau compris. Charles Hall affirme que la première chose qu’il fera une fois chez lui, sera de prendre un bain chaud. « Ensuite j’irai dîner en ville avec ma fiancée, puis danser », ajoute le Marine.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a deux semaines, ces Marines américains se battaient à travers le désert irakien et avançaient vers Bagdad en craignant une attaque à l’arme chimique. Aujourd’hui, ils prennent des bains de soleil, regardent des films et lisent leur courrier. « Pour le moment, c’est le courrier qui a la priorité absolue. Les Marines se fichent de l’eau ou de la bouffe et laisseraient tout tomber pour une lettre », affirme le lieutenant Maria Mattison. Après un trajet exténuant à travers un territoire dangereux, avec parfois de féroces combats, ces premiers jours à Bagdad ressemblent presque à des vacances. Les responsables de l’approvisionnement ont déballé des caisses de bananes, de pommes et de mandarines, contraste alléchant après le rationnement de la nourriture et le manque d’eau lors de leur marche vers la...