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AUTOMOBILE - L’attrait, après une longue absence L’Algérie recommence à rouler français

Les voitures françaises, longtemps absentes du marché algérien de l’automobile, l’ont reconquis, mettant fin à « la domination » des modèles asiatiques qui s’étaient installés en force en Algérie dès le début des années 90. Les constructeurs français, présents en Algérie jusqu’à la fin des années 60, ont jeté l’éponge face au monopole d’État instauré par le régime du président Houari Boumédiène (1965-1978). M. Boumediène avait fermé l’usine de montage Renault de Oued-Smar, dans la banlieue sud d’Alger, et accordé le monopole exclusif de l’automobile et de la pièce détachée à une société d’État. Cette société s’est alors tournée vers les pays de l’Europe de l’Est – ex-URSS, ex-Yougoslavie, Roumanie – et le Japon, au détriment des voitures françaises très recherchées par les Algériens. L’ouverture du marché en 1990, mettant fin au monopole de l’État, a malheureusement coïncidé avec le début des violences islamistes en Algérie contraignant les Français à différer leur retour. Le sud-coréen Daewoo, venu en Algérie au début des années 90 quasiment seul sur le marché, avait réalisé en 1999, alors que les Français venaient juste de s’installer, un record des ventes jamais égalé avec 25 000 véhicules. Les Français n’allaient pas tarder à renverser la vapeur puisqu’en 2002, 20 000 véhicules, soit deux voitures sur trois vendues en Algérie, sont français, alors que Daewoo n’a réussi à placer que 1 700 véhicules. Consommer européen Les marques Peugeot et Renault totalisent en 2002 près de 60 % du marché algérien où près de 70 000 véhicules sont vendus annuellement pour une valeur de près d’un milliard de dollars, selon des concessionnaires. Peugeot arrive en tête avec plus de 30 % de parts de marché, talonné de près par Renault avec 28 %. Le concessionnaire français Citroën, avec 5 %, est derrière le coréen Hyundai, selon des statistiques du magazine L’Auto-Marché, précurseur de l’information automobile en Algérie. La longue absence des françaises les a, en fait, rendues encore plus attrayantes pour les Algériens qui avaient trouvé le moyen de les importer par le biais des immigrés et des licences attribuées par l’État aux « moudjahidine » (combattants de la guerre d’indépendance). La présence d’une forte communauté algérienne en France, courroie de transmission entre la France et l’Algérie, a largement contribué au maintien de ce marché qui représente quelque 40 % des importations, dont plus de la moitié de marques françaises, selon des statistiques officielles. « L’Algérien fait confiance à tout ce qui vient de France et connaît la fiabilité des voitures françaises, ce n’est qu’un retour à ses anciennes amours », explique Mourad Cheboub, directeur de L’Auto-Marché. « Les Algériens ont l’habitude de consommer européen, particulièrement français », estime Michel Tranche, directeur de Renault-Algérie. Les voitures asiatiques restent cependant les moins chères alors que les concessionnaires français ont déjà annoncé une hausse de près de 6% de leurs prix, en raison, disent-ils, des fluctuations de l’euro par rapport au dollar. Le japonais Toyota, quatrième dans les ventes en 2002, se place d’ores et déjà comme un redoutable concurrent dans cette bataille franco-asiatique. « Nous comptons arracher 10 % du marché à long terme », affirme Abdelhamid Yala, directeur de Toyota-Algérie. La marque nippone fonde ses espoirs sur son produit fétiche, le Hilux, un pick-up très prisé par les commerçants et les agriculteurs. « Depuis le début de l’année on en a déjà vendu plus près de 1 400 », explique M. Yala. Toyota compte également sur les tout-terrain pour se tailler une place de choix en ciblant le Sahara algérien où les sociétés pétrolières ont besoin de ce type de véhicule.
Les voitures françaises, longtemps absentes du marché algérien de l’automobile, l’ont reconquis, mettant fin à « la domination » des modèles asiatiques qui s’étaient installés en force en Algérie dès le début des années 90. Les constructeurs français, présents en Algérie jusqu’à la fin des années 60, ont jeté l’éponge face au monopole d’État instauré par le régime du président Houari Boumédiène (1965-1978). M. Boumediène avait fermé l’usine de montage Renault de Oued-Smar, dans la banlieue sud d’Alger, et accordé le monopole exclusif de l’automobile et de la pièce détachée à une société d’État. Cette société s’est alors tournée vers les pays de l’Europe de l’Est – ex-URSS, ex-Yougoslavie, Roumanie – et le Japon, au détriment des voitures françaises très recherchées...