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Violences intercommunautaires entre prisonniers irakiens au Camp Freddy

Au Camp Freddy, centre de détention pour les prisonniers de guerre irakiens dans le désert du sud de l’Irak, les violences entre les 6 000 détenus sont quotidiennes. Des bouteilles d’eau remplies de sable ou de pierres ou des piquets de tentes transformés en lances servent d’armes dans ces échauffourées régulières, a indiqué un officier américain spécialisé en psychologie, Joël Droba. Jusqu’ici les bagarres ont seulement éclaté entre groupes d’Irakiens et n’ont jamais visé des membres de la Police militaire de la coalition américano-britannique qui les surveille. « Certaines étaient liées à des mésententes entre chiites et sunnites qui se retrouvaient ensemble. Nous avons dû les séparer », a ajouté l’officier. Camp Freddy s’est considérablement étendu depuis son installation aux premiers jours de la guerre, le 20 mars, grâce à des travaux effectués par des ingénieurs militaires britanniques. Cette zone située dans le désert a été placée sous surveillance étroite, entourée de miradors et de barrages de sacs de sable. De grandes tentes blanches servant de cachots provisoires sont toujours là, mais les prisonniers sont maintenant transférés vers deux nouvelles installations semi-permanentes. À l’extérieur, une foule d’Irakiens recherchant des parents attend. Une soldate américaine recueille des informations sur leurs proches avant de les enregistrer dans un ordinateur pour les transmettre aux responsables du camp ou au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). À l’intérieur, les visiteurs sont maintenus à distance des prisonniers. Des journalistes ont pu voir trois détenus irakiens attendant près de la zone médicale du camp, deux d’entre eux étant tranquillement assis dans le sable, le troisième allongé sur le côté. Les prisonniers sont tous traités strictement selon les critères de la Convention de Genève, a affirmé un haut responsable militaire américain, le capitaine Lisa Weidenbush. Les inspecteurs du CICR, selon elle, « sont tout à fait satisfaits du traitement infligé à nos prisonniers ». Tous reçoivent des draps, un carton de nourriture et des produits hygiéniques et sont soumis à des examens médicaux, a-t-elle ajouté. Les hommes – il n’y a aucune femme parmi les prisonniers – qui peuvent prouver qu’ils sont des civils sont ramenés chez eux et relâchés. Les autres sont classés en deux catégories : les prisonniers de guerre ennemis ou les combattants illégaux. La première catégorie comprend les soldats qui ont combattu en uniforme et la seconde tous les autres, dont les forces paramilitaires des Fedayin de Saddam et les membres armés du parti Baas. Un officier américain a reconnu, sous le couvert de l’anonymat, que certains prisonniers sont détenus sur la base de simples présomptions comme la possession de fortes sommes d’argent ou le port de bottes militaires avec des tenues civiles.
Au Camp Freddy, centre de détention pour les prisonniers de guerre irakiens dans le désert du sud de l’Irak, les violences entre les 6 000 détenus sont quotidiennes. Des bouteilles d’eau remplies de sable ou de pierres ou des piquets de tentes transformés en lances servent d’armes dans ces échauffourées régulières, a indiqué un officier américain spécialisé en psychologie, Joël Droba. Jusqu’ici les bagarres ont seulement éclaté entre groupes d’Irakiens et n’ont jamais visé des membres de la Police militaire de la coalition américano-britannique qui les surveille. « Certaines étaient liées à des mésententes entre chiites et sunnites qui se retrouvaient ensemble. Nous avons dû les séparer », a ajouté l’officier. Camp Freddy s’est considérablement étendu depuis son installation aux premiers jours...